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On a cassé l’industrie algérienne pour favoriser l’import-import

by sur 17 décembre 2012

Chère amie

Voici un article qui renseigne sur la casse de l’industrie algérienne
bonne reception
NWH

VOX-PopuliOn a cassé l’industrie algérienne pour favoriser l’import-import

Le Soir d’Algérie

Lundi 15 Octobre 2012

Comme disait un vieil ami à moi que j’avais connu à «SNS, ex- Brossette, Hussein-dey» devenu par la suite directeur central au niveau du siège SNS, Sidi Yahia : «On veut casser l’industrie algérienne, et ils le feront.»
Cette phrase me poursuivait quand je me rendais au holding sidérurgie/métallurgie. J’étais employé dans la métallurgie et ce sera mon dernier emploi. A 55 ans, je tire ma révérence. Je ne savais pas que cet ami avait fait du chemin depuis lors. C’est en me rendant à une réunion du holding pour tenter de sauver mon entreprise de la dissolution qu’il m’interpella par la fenêtre entrouverte de son bureau. Je ne l’avais pas reconnu au début c’est après m’avoir appelé par mon sobriquet que j’ai compris que c’était une personne que j’avais connue. Je frappe à sa porte et j’entre. Assis sur son fauteuil de bureau ministre, «riyah, Bob», un ex-collègue perdu de vue depuis 25 ans.
– Qu’est-ce tu viens faire chez nous ?
– J’ai réunion avec le holding Sidmet.
– Et quel est l’ordre du jour ?
– On veut fermer l’entreprise et nous essayons de la maintenir, on nous a demandé de présenter un plan de redressement.
– Et tu penses vraiment qu’ils vont en tenir compte, même si ce plan de redressement est bon et susceptible de sauver votre entreprise ?
– J’espère que oui, sinon pourquoi nous demander de concocter un plan de redressement ?
– Une façon pour vous faire admettre qu’ils étudient toutes les possibilités, alors que la décision est déjà prise. On fermera votre entreprise puis arrivera le tour de SNS et les autres. «La décision de casser l’industrie algérienne est irréversible !»
– Mais moi j’ai un atout dans la manche.
– Quel atout, en nous a demandé aussi de remettre deux bilans séparés : le premier sans un projet du côté de Khenchela qui nous a coûté les yeux de la tête et qui est à l’arrêt depuis des années, alors que tout est en place : infrastructure, équipements, etc. Il ne manque que les essais et le démarrage par la société étrangère à qui le marché avait été confié, sauf qu’on ne veut pas les appeler pour un litige non encore levé. Le second est un bilan avec ce projet. Si ce bilan sans le projet (le premier) fait apparaître en évidence une situation positive, l’éventuelle dissolution sera reconsidérée, le cas contraire, il n’y aura plus aucune alternative. Et le fameux atout que j’avais, c’était une décision signée par le Premier ministère stipulant que si le bilan de cette entreprise «sans y inclure le projet», est positif ! Dès lors, la «dissolution» n’aura été qu’une frayeur. Un rire sardonique de mon ami me fit tressaillir : «Et tu penses que ça va marcher ? On trouvera toujours un stratagème pour liquider votre entreprise !» Lors de la réunion, on présente le plan de redressement, M. le président le feuillette, «on l’étudiera dans le détail». Puis, on présente les bilans : voilà M. le président, le bilan, sans ce projet qui nous a grevé depuis une dizaine d’années tous nos sous. Sans lui, c’est un bilan positif et on dégage même des bénéfices. «Oui, oui, on verra !», c’est là que je mets mon atout sur la table. M. le président, voici une copie du Premier ministère qui prévoit, si mes souvenirs sont bons, de reconsidérer les décisions à prendre éventuellement, si le bilan sans le projet est positif. Abasourdi, M. le président s’étire tout en renversant son fauteuil à l’arrière ; je me suis aperçu qu’il ne s’attendait pas à cette réplique. Gêné et mal à l’aise, il leva la séance en nous promettant qu’il étudiera les documents remis dans un délai relativement court et nous tenir informés. Quelques mois plus tard, la décision tombe comme un couperet. Ils prennent la décision de dissoudre l’entreprise en tenant même compte des documents remis. Ils invoquent l’article 518 ou 28, du code du commerce qui prévoit une dissolution par anticipation, comme c’étaient les propriétaires, ils avaient toute la latitude de décider. Le dernier recours, c’était l’UGTA : nous sommes reçus dans le bureau même du secrétaire général, comme par hasard, ce jour-là la télévision française France 3 prévoyait un numéro spécial de sa fameuse émission «La marche du siècle» dans l’enceinte même de l’UGTA et du bureau du SG. On remet le fameux document à M. le SG tout en le mettant au courant de la décision prise par le holding. Sa seule réponse :
– Pourquoi ne pas m’avoir remis ce document au moment opportun ?
– Justement, c’est maintenant qu’on doit vous le donner pour intervenir au plus haut niveau, une fois que ce holding a rejeté même un bilan positif.
Après quoi, il nous assura qu’il fera le nécessaire pour éviter la dissolution. Il a fait quand même une chose de bien : rétrocéder une de nos unités industrielles, personnel y compris, à une autre entreprise nationale. Le plus gros du personnel mis à la porte. A la sortie de cette réunion, un de ses assistants me retient par la main : ça ne t’intéresse pas de venir travailler chez nous ?
– Merci mon ami pour cette offre, mais tu vois nous avons tout essayé pour sauver 2 000 emplois et nous n’avons pas pu malgré des atouts en béton. Tu penses que je pourrais sauver les 500 000 ou 10 000 00 qui suivront ! Encore merci pour la confiance. Mon ami avait raison. On a cassé l’industrie algérienne pour favoriser l’import/import.
Bob. Med

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