Skip to content

Pour la nationalisation immédiate, totale, sans indemnités ni rachat d’ArcelorMittal !

by sur 10 juin 2013

Lamine Torki

Le 10 juin 2013

En dépit des informations contradictoires qui circulent sur le sujet, il semble bien qu’un accord portant sur l’avenir d’ArcelorMittal Algérie et des conditions du retour du complexe et des mines de fer de l’Ouenza et de Boukhadra dans le giron de l’Etat a été trouvé entre le géant mondial de l’acier et le gouvernement algérien. L’annonce officielle de cet accord devrait être rendu publique très prochainement selon le député du Parti des travailleurs (PT) Smain Kouadria.

Bradé en 2001 par le gouvernement Bouteflika-Benflis-Ouyahia-Benachenhou-Temmar-Khelil à l’indien ISPAT, filiale du groupe Mittal, pour moins de 150 millions de dollars, le complexe d’El Hadjar dirigé depuis par le groupe ArcelorMittal (fusion du groupe français Arcelor et de l’Indien MittalSteel) n’a jamais réussi à dépasser la production de l’ancien complexe de la SNS qui avait atteint en son temps 1 200 000 tonnes d’acier. En 2012, le « géant mondial de l’acier » a produit moins de 600 000 tonnes d’acier à El Hadjar !

Il a pourtant disposé d’avantages extraordinaires de la part du gouvernement algérien : Sider a préalablement fait le sale travail de réduction des effectifs de 18 000 à 8 500 travailleurs au moment de la privatisation, coût dérisoire de l’énergie électrique, du gaz naturel, de la main-d’œuvre locale et du minerai de fer du fait de l’acquisition des mines de l’Ouenza et de Boukhadra, investissement de 60 millions de dollars de la part du groupe public Sider pour la remise à niveau du laminoir de produits plats laminés à chaud, engagement de non investissement d’entreprises publiques algériennes dans la sidérurgie durant dix années, autorisation de vendre aux prix du marché mondial dans des dépôts du Nord là où Sider vendait à un barème identique dans toutes les régions du pays…

En 2011, au moment de la renégociation du contrat de partenariat de dix années passé en 2001 entre le groupe public Sider et Ispat, le gouvernement aurait pu rompre cet accord car Ispat et les entreprises qui lui ont succédé – MittalSteel puis ArcelorMittal – n’ont pas tenu leur engagement en matière de production. Le géant mondial a au contraire détruit l’appareil de production. Les installations sont devenues obsolètes et leur performance est des plus limitée. Il n’y a pas eu de véritables investissements ni d’apport technologique. Des sites de production ont été fermés : cokerie, unité fer blanc, tuberie…). En 2012, le chiffre d’affaires a perdu 45 millions de dollars… ArcelorMittal a en revanche profité à fond de l’Algérie. Ancien Secrétaire général du syndicat d’entreprise, Smain Kouadria a à plusieurs reprises dénoncé les trafics auxquels se livrait le groupe : importation à prix fort de ses usines roumaine et allemandes de billettes alors qu’elles peuvent être produites localement à moindre coût. Importation de rond à béton et de fil machine revendus sur le marché algérien après une grosse marge bénéficiaire… La seule « réalisation » tangible d’ArcelorMittal réside dans le fait d’avoir ramené l’effectif des travailleurs du complexe d’El Hadjar de 8 500 au moment de son acquisition à 5 600 emplois directs aujourd’hui !

Mais le pouvoir à l’époque n’a rien voulu savoir en dépit des appels de syndicats, de travailleurs et de partis (PT, PST, PADS…) pour réintégrer l’ensemble de la chaîne au sein du secteur public. Il a préféré reconduire l’accord et laisser ArcelorMittal Annaba aux commandes du complexe.

Alors que la privatisation s’avère être un immense gâchis pour les ouvriers du complexe et pour l’économie nationale qui a perdu énormément en termes de capacité de production nationale d’acier et de maitrise de la filière (formation…), le gouvernement apporte, sous couvert de réintégration dans le giron de l’Etat, de nouveaux avantages à ArcelorMittal. Avec 46% des actifs, Sider deviendra le partenaire majoritaire. Avec les 5% attribués au Fonds national d’investissement (FNI), l’Etat algérien sera majoritaire (51%). Si le volet industriel paraît à première vue justifié, les conditions financières et juridiques favorisent l’actionnaire minoritaire. En effet, et en dépit de son bilan catastrophique et de son incapacité-refus à tenir ses engagements, ArcelorMittal va conserver 49% des actions ! Il devra injecter 100 millions de dollars. Respectera-t-il ce nouvel engagement ? Et que se passera-t-il s’il ne le fait pas ? Nous ne le savons pas. Sider devra en revanche injecter 120 millions de dollars.

ArcelorMittal profitera surtout par le biais de la Banque extérieure d’Algérie d’une enveloppe de 700 millions de dollars allouée au nouveau groupe pour financer – avec des fonds publics donc – le plan de développement. Il bénéficiera en outre d’un marché local en pleine croissance !

Cela ressemble à un nouveau marché de dupe qui montre que le pouvoir algérien n’a pas rompu avec la politique de bradage de l’économie nationale. ArcelorMittal ne va pratiquement rien investir, conserve près de la moitié du capital et bénéficie d’un marché en forte expansion.

S’il faut se féliciter du retour de l’Etat en tant que partenaire majoritaire, il convient d’affirmer que les conditions auxquelles ce retour a été réalisé ne sont pas satisfaisantes et qu’il ne s’agit absolument pas d’une nationalisation ni d’une renationalisation.

C’est pourquoi les travailleurs, les syndicalistes, les militants politiques et associatifs et tous les citoyens désireux de défendre les intérêts de l’économie nationale menacée par l’impérialisme et de sauvegarder les intérêts des travailleurs du complexe et des mines doivent se mobiliser pour exiger une seule chose :

La nationalisation immédiate, totale, sans indemnités ni rachat d’ArcelorMittal Algérie

Une campagne de sensibilisation devrait être lancée en direction des travailleurs, syndicalistes et citoyens afin de préparer les conditions d’une mobilisation populaire pour imposer cette exigence.

L. T.

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :