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Modèle de courrier de protestation destiné à Tayipp Erdogan

by sur 20 juin 2013

  Chers camarades , voici le contenu du modèle de courrier destiné à Tayyip Erdogan ,Premier Ministre de la République de Turquie avec copie à  Faruk Çelik, Miniistre du Travail et de la Sécurité sociale(cf l’article en date d’aujourd’hui 20 juin 2013  du camarade Amilho)

Hiwar Ichtirakiyin

« Genève, le 17 juin 2013

 

M. Recep Tayyip Erdogan

Premier ministre de la République de Turquie

Ankara, Turquie

 

Par courriel : receptayyip.erdogan@basbakanlik.gov.tr

 

Réf : la violence exercée à l’encontre de manifestations pacifiques à Istanbul et dans d’autres ville de Turquie

 

Monsieur le Premier ministre,

 

Nous vous adressons ce courrier en qualité d’organisation affiliée à l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie-restauration, du tabac et des branches connexes (UITA) qui représente des millions de travailleurs dans le monde, dont des syndicats des secteurs de l’alimentation, de l’hôtellerie et de l’agriculture en Turquie.

Le mouvement syndical international est préoccupé par le recours à une violence excessive de la part des forces de sécurité du gouvernement contre des personnes qui exercent pacifiquement leur droit à la liberté de réunion, un élément essentiel de la liberté d’expression. Les actions de la police turque ont transformé Istanbul, Ankara et d’autres villes dans lesquelles se sont déroulées des manifestations en champs de bataille et selon nos informations, quatre personnes ont été tuées et des milliers d’autres blessées ou incarcérées. Nous sommes également préoccupés par le fait que votre gouvernement ait régulièrement recours à une telle répression, comme des événements précédents le démontrent. Le souvenir des célébrations du 1er mai de cette année, qui devaient se dérouler place Taksim à Istanbul, est encore  frais dans nos mémoires. Elles se sont transformées en affrontements brutaux après que la police ait fait usage de gaz lacrymogène et d’autres moyens de répression à l’encontre des manifestants.

 

Une telle brutalité est inacceptable.

 

Votre gouvernement se targue d’être un champion de la démocratie et des droits humains, mais dans le cas d’une affaire simple comme le parc Gezi, vous n’avez accepté de dialoguer qu’après une longue période où l’intransigeance des responsables de votre parti et des maires n’a conduit qu’à des manifestations toujours plus nombreuses. Par ailleurs, votre description de nombre de vos concitoyens comme étant des terroristes, des pilleurs ou des extrémistes est provocatrice et potentiellement dangereuse. La démocratie n’est pas que le résultat d’un scrutin. Le droit à manifester pacifiquement est un élément fondamental d’une véritable démocratie.

 

Au lieu de poursuivre dans la voie de la répression et des mesures antidémocratiques, il serait préférable de reconnaître les raisons sous-jacentes aux manifestations actuelles. Depuis les élections de 2011, l’action de votre gouvernement est devenue de plus en plus autoritaire. Les mesures gouvernementales ont notamment compris le déni de droit et le déni de fait des droits syndicaux fondamentaux, l’adoption de lois qui découragent au lieu d’encourager l’exercice de ces droits, l’inaction, au mieux, envers les employeurs qui s’opposent aux droits fondamentaux des travailleurs, des abus au sein de l’appareil judiciaire, l’interdiction de fait de grèves légales et les violences à l’encontre de syndicalistes, en sus des limites imposées à la liberté d’expression et de réunion. Toutes ces mesures constituent des attaques contre les droits humains fondamentaux et la démocratie.

 

Nous vous appelons à prendre de toute urgence les mesures suivantes pour apaiser la situation :

 

 

  • Le gouvernement d’Ankara doit mettre fin à la violence étatique contre des manifestants/es pacifiques et s’assurer que le droit à la liberté d’expression et de réunion soit garanti dans tous les lieux publics en Turquie.
  • Les responsables des milliers de blessés et des décès de Mehmet Ayvalıtaş, Abdullah Cömert, Ethem Sarısülük et Mustafa Sarı doivent être tenus responsables, démis de leurs fonctions et traduits en justice.
  • Les citoyens incarcérés pour avoir pris part aux manifestations dans tout le pays doivent être immédiatement relâchés, avec l’assurance officielle du gouvernement qu’ils ne seront pas poursuivis.
  • Les obstacles juridiques et pratiques à l’exercice des droits syndicaux doivent être supprimés et le droit de grève respecté.
  • Les syndicalistes du KESK, les journalistes et toutes les autres personnes injustement emprisonnées pour leurs actions légitimes de protestation doivent être immédiatement relâchés.

 

La Turquie et son peuple méritent mieux. Ils méritent la démocratie et la protection de tous les droits humains, dont les droits syndicaux. Nous encourageons votre gouvernement à aller dans ce sens dans les jours et semaines décisifs qui viennent.

 

Nous vous remercions de l’attention que vous porterez à nos demandes.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de notre considération.

 

Cc : Faruk Çelik, ministre du Travail et de la Sécurité sociale »

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