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Le point de vue d’un ancien dirigeant du PAGS sur une inititative intitulée « Pour des Etats Généraux de la Gauche Démocratique »

by sur 30 juin 2013

Voici camarades une contribution à verser au débat sur le rassemblement de la gauche algérienne . Elle date apparemment de janvier 2009. Elle figure dans le blog de l’auteur  (Abdelalim Medjaoui)Il s’agit d’une réponse à une initiative intitulée  » Pour des Etats Généraux de la Gauche Démocratique » (l’auteur fait référence à un document word intitulé INITIATIVE.docx qui n’est malheureusement pas publié sur son blog).

Brève biographie de l’auteur

Né à Tlemcen en 1935, ‘Abdel`alim Medjaoui est de la génération des moudjahidine dont il a tracé le portrait dans un premier livre, « Ce Pays est le nôtre » (Casbah-Editions, Alger, 2000). Il revient dans « Le Géant aux yeux bleus. Novembre, où en est ta Victoire? » (Casbah-Editions, Alger, 2007) sur les années d’indépendance à la lumière critique et autocritique de son expérience de militant du socialisme, confronté de façon solidaire à ses anciens compagnons du combat libérateur. Il rejoint le Parti communiste algérien (PCA) en 1963 et a été un des animateurs du Parti de l’avant-garde socialiste (PAGS) jusqu’à son départ en retraite en 1993.

« Abdel’alim Medjaoui

mercredi 28 janvier 2009

Ma réponse à lNITIATIVE.docxCe que je pense de l’initiative
« POUR DES ETATS GENERAUX DE LA GAUCHE DEMOCRATIQUE ».
Cher ami,
Tu as pris sur toi de m’envoyer les textes de « l’initiative », estimant sans doute que je remplissais un minimum de conditions pour en être destinataire. En ce sens, tu as dû certainement prendre note, en plus de mon statut d’ancien dirigeant du parti, de ce que j’ai dit
« (…) Les meilleurs grands esprits dans le monde avaient salué la « grande lueur à l’Est » née avec Octobre et qui est devenue, depuis la Seconde Guerre mondiale, un élément d’équilibre planétaire venu brider les appétits prédateurs de l’impérialisme occidental, et donner un horizon à la lutte des peuples pour leur libération. C’est à son ombre, en particulier, qu’est né notre mouvement national moderne, et c’est son poids dans le rapport de force mondial qui a permis à notre lutte de libération de se développer et de vaincre. C’est son empreinte qui a contribué à la radicalité de ce mouvement et à y légitimer, malgré tout, un courant influencé par son idéologie, au nom de laquelle même nombre d’Européens d’Algérie ont donné leur vie pour l’indépendance. Comme beaucoup d’autres peuples, comme Cuba et le Viet-Nam, entre autres, c’est du côté de cette expérience qui a donné corps au « spectre » dont Marx disait qu’il hantait l’Europe, que mon peuple trouve l’inspiration et le soutien pour échapper au piège de la dépendance, de l’injustice et de la misère néocoloniales…
» Malgré les vicissitudes liées à l’échec colossal de cette expérience et à l’affaissement de l’URSS, ou peut-être justement à cause de ce retournement inouï, à cause de la restauration indécente, sans vergogne, d’un colonialisme plus triomphant que jamais, ne trouvant plus devant ses exigences insatiables que la seule pauvre lutte des peuples, et une opinion progressiste mondiale émiettée, j’estime que j’ai eu raison d’avoir pris cette option, et d’avoir soutenu, dans cette voie, les efforts et les acquis indéniables de mon peuple et de ses dirigeants non communistes. Et que si j’avais à refaire le choix, je n’hésiterais pas un seul instant, même en sachant le risque d’impasse. (…) »
Je ne pouvais être alors qu’une cible tout à fait conforme à l’objet de l’initiative, puisque, par cette profession de foi, je continue de m’inscrire comme un homme de gauche : je persiste à me dire du côté de mon peuple, et des autres peuples, en lutte pour une indépendance conséquente, réelle. Une lutte rendue plus complexe et plus dure, dans un monde, je le répète, plus que jamais livré à une prédation pour laquelle j’ai utilisé le terme de colonialisme, mais dont il faudrait renouveler la caractérisation : néocolonialisme, impérialisme, globalisme (ou quoi d’autre ?).
Cependant, je signale « l’échec colossal » de l’entreprise qui nous avait réunis dans le PAGS. C’est-à-dire que je dis ne plus avoir les critères reconnus, ici et là-bas, pour me permettre de savoir ce que je suis quand je dis « être de gauche », et par là je rejoins les remarques pertinentes de l’auteur de la contribution signée, je crois, A. Akika.
Voilà une intervention fraîche, agréable à lire, didactique, sans aucune crispation, ni langue de bois ! Et qui pourtant pose dans leur profondeur des problèmes importants et graves du devenir de notre « ancien » mouvement. Une intervention, je crois, à prendre très au sérieux dans l’effort que vous avez entrepris…
Elle met l’accent, en effet sur l’importance de ces critères et appelle à la nécessité de les reconceptualiser et les définir pour les nouvelles conditions de la lutte d’aujourd’hui. C’est une tâche d’autant plus ardue que nous avons perdu, avec la disparition du PAGS, la seule personnalité qu’on nous connaissait et reconnaissait, et que nous avions reconfirmée par le Congrès de 1990.
Ces critères reconnus, je me suis, pour ma part, efforcé dans mon livre de dire combien il nous a fallu de temps et d’attentions soutenues, aidés en cela par nos camarades soviétiques, pour que nous y répondions et fussions éligibles à prendre la place de l’ex-PCA, comme représentant de la classe ouvrière de notre pays, dans ce qui était le grand MCOI ! C’est ce cadre, le seul légal au plan de la reconnaissance internationale et aussi nationale – parce qu’il était le seul à présenter à notre opinion nationale un projet concret, qui nous avait conquis en tant que militants, celui bien en chair dans les pays socialistes ! –, c’est ce cadre donc, et ses acquis, que j’ai essayé de défendre dans mon livre.
Je me promettais et me promets toujours de donner une suite à mon livre, dans le sens que je me suis fixé en rendant compte de « mon histoire » du PAGS. Il est vrai que je n’ai plus la prétention ni la vigueur de mes jeunes années ; aujourd’hui, je suis à la retraite. Il est vrai aussi que j’attendais d’être encouragé par des réactions à mon écrit. Des réactions même très critiques, pourvu qu’elles ne se départissent pas du respect que je me sens en droit d’exiger pour le parcours qui a été le mien dans ce parti (sans parler de la période de la guerre de libération). Et du respect aussi pour l’effort que j’ai fourni en rendant clairement compte aux militants – et je suis le seul à l’avoir entrepris jusqu’ici ! – de ce que j’ai fait de la confiance qu’ils avaient placée en moi.
Et on m’en a promis des réactions ! On m’a dit de me « préparer au débat » sur les problèmes que j’ai soulevés dans mon livre ! En fait de débats, cher ami, tu as été le seul, parmi l’ancien encadrement du parti, à m’avoir dit que tu avais lu mon livre (ce qui m’a fait chaud au cœur), et que tu n’étais pas d’accord (là, j’attends d’en savoir plus).
J’en suis encore à me poser des questions sur cet ostracisme qui a frappé mon livre, sur ce silence assourdissant de mes anciens camarades par quoi ils ont accueilli de façon plus accusée que la sortie de mon premier livre celle de mon second. J’en suis encore à me demander le pourquoi de ces regards gênés et détournés pour ne pas rencontrer mon regard, sans compter ces propos insultants proférés dans mon dos – je peux dire heureusement venant de « camarades » qui ne connaissent rien de mon parcours et de mon engagement. Un de ces anciens amis, qui faisait office d’intellectuel respecté du parti, est même venu me dire, plusieurs mois après la sortie de mon livre : « il paraît que dans ton livre tu t’en prends à untel ». Comme s’il voulait voir confirmer par ma bouche les ragots qu’il s’est laissé susurrer à l’oreille ! Qu’est-ce qui l’a intimidé à ce point qu’il n’utilise pas ses capacités intellectuelles pour se rendre compte lui-même de ce qu’il y a dans mon livre concernant une partie importante de sa propre vie ?
Cher ami,
Ces comportements sont graves de conséquence. Je n’en parle pas seulement parce que je me sens blessé dans mon amour-propre. J’ai appris à connaître la fragilité de l’amitié basée sur des étroitesses idéologiques. J’en parle surtout parce que ce sont des alibis faciles pour ne pas aller au fond des choses.
Parce que concernant l’effondrement du grand PCUS et de ses organisations satellites, malgré leurs millions d’« encartés », si l’on avance comme cause de cette catastrophe les manigances et complots de la CIA et de ceux qu’on culpabilise comme étant ses marionnettes, des hommes d’État comme Eltsine ou Gorbatchev, alors qu’ils ont eu le courage sinon la témérité de dénoncer les tares qui bloquaient et avaient même pourri les bases du système socialiste mondial, si l’on endosse donc cette conduite, c’est que l’on ne veut pas aller au fond des choses. C’est la même entreprise rédhibitoire qui veut incriminer dans « l’implosion » du PAGS, notre Sécurité militaire nationale et les agents qu’elle aurait introduits dans la direction du parti. Une telle entreprise empêche également d’aller au fond des choses.
Et ce n’est pas bon pour l’initiative que vous avez lancée.
Bien amicalement, cher camarade,

Abdelalim Medjaoui.

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