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Interview du camarade Salah Adly, Secrétaire général du Parti communiste d’Egypte par « Nameh Mardom », organse central du Parti Tudeh d’Iran

by sur 12 juillet 2013
Jeudi 11 juillet 2013

Ci-dessous, nous publions un entretien du camarade Salah Adly, Secrétaire général du Parti communiste d’Egypte avec un représentant de l’organe central du Parti Toudeh d’Iran (traduction de l’anglais par la rédaction du Lien, l’organe du PADS):

« Avant tout je présenterai mes salutations au Parti Tudeh d’Iran et mes voeux de succès à sa lutte. J’aimerai aussi saluer le journal  « Nameh Mardom » pour l’opportunité de clarifier les plus grands événements historiques qui se déroulent en Egypte.

Q1- Dans les récentes déclarations du Parti communiste d’Egypte ( 3 juillet) vous avez fait référence au fait que le mouvement de protestation de masse se composait de différentes classes et couches sociales. Quelles furent les classes et couches sociales de la société Egyptienne qui ont été mobilisées dans la seconde vague de la révolution du 30 juin?

 

Salah Adly. Depuis l’éclatement de la révolution du 25 janvier 2011, le mouvement de protestation ne s’était pas affaissé. Les manifestations de millions de personnes n’ont pas cessé. L’état révolutionnaire des masses était également toujours là, déclinant à certains moments et s’embrasant à certains autres moments. Les manifestations ouvrières et les grèves s’étendaient aussi. Après le succès de Morsi les Frères Musulmans sont arrivés au pouvoir. Les masses ont découvert leur nature autoritaire, leur caractère fasciste, leur préférence pour les intérêts des sections les plus réactionnaires et parasitaires du capitalisme, et leur incapacité de conduire un pays de l’envergure de l’Egypte. Mieux encore, leur trahison des intérêts de la patrie et leur volonté d’agir comme les plus grands agents du maintien des intérêts de l’Amérique et d’Israël dans la région se sont révélées. Ils ont ramené la confiance envers Gaza et ont donné à l’Amérique et à Israël ce que  le client Moubarak n’avait même pas donné. Leur projet sectaire et obscurantiste qui est hostile à la démocratie, à la science, à la culture et à la tolérance, devint très évident. Plus important, les masses ont découvert le mensonge avec leur utilisation des slogans religieux pour cacher leurs plans au service du projet du Grand Moyen Orient et du « chaos créatif ».

C’est pourquoi, le nombre de protestations sociales ( grèves, sit-in, manifestations et  piquets de grèves) s’est élevé à 7 400- du propre aveu de Mohamed Morsi – durant l’année dernière. Le taux de chômage  a atteint 32% , avec  des records  de chômeurs parmi les hautes et moyennes qualifications. La dette extérieure a atteint entre 34 et 45 milliards de dollars. La dette intérieure a atteint l’année dernière durant le règne de Morsi  365 milliards de Livres Egyptiennes. La proportion des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté a augmenté pour plus de  50% de la population. Bref, la plupart des classes et des couches de la société –  ses forces politiques libérales, nationalistes et de gauche, également les mouvements de jeunes, pour la plupart orientés par les nationalistes et la gauche, en plus des principales institutions de l’Etat, particulièrement l’armée, la justice, les médias et la police – ont senti comme  un grave danger le maintien au pouvoir  des Frères Musulmans parce que dans leur ardente recherche de monopoliser le pouvoir ils excluent  quiconque n’est pas avec eux,  en dehors de leurs alliés parmi les groupes terroristes qui manipulent la religion comme couverture.

Même  les larges sections de la grande et moyenne bourgeoisie Egyptienne des secteurs du tourisme, de l’industrie, du commerce, de l’agriculture et de la construction,  sont effrayées pour leurs intérêts par le résultat de la poursuite du règne des Frères Musulmans qui ont créé une atmosphère de chaos, d’insécurité et d’instabilité.

Le Mouvement  « Tamarod » (Rébellion)a réussi à collecter plus de 22 millions de signatures pour le retrait de la confiance à Morsi et pour le soutien à la convocation anticipée des élections présidentielles. Tous les partis, les syndicats et organisations ont participé à la collecte des signatures, et la campagne s’est répandue dans les rues des villes, dans les entreprises, les écoles et universités, et dans les villages de toutes les provinces  de l’Egypte. La grande importance de cette campagne est qu’elle fut en mesure d’impliquer activement les citoyens Egyptiens au mouvement révolutionnaire pour renverser le règne des Frères Musulmans. Elle a aussi restauré le caractère pacifique et démocratique de l’action révolutionnaire, et elle a créé les bases pour le retrait de la couverture sacrée de la légitimité erronée du suffrage électoral comme le seul critère pour  la légitimité du système démocratique. L’appel à la collecte de signatures a été accompagnée de l’appel à des manifestations dans les principaux squares d’Egypte le 30 juin comme  test principal de la crédibilité de cette campagne et bases fondamentales pour la légitimité révolutionnaire des masses de renverser le régime fasciste et de contrecarrer le projet d’un état théocratique.

La réponse des masses Egyptiennes a été énorme. Les plus grandes manifestations de l’histoire de l’Egypte, et même dans l’histoire du monde, sont apparues. Cela été vérifié par le fichier la « Terre de Google ». Plus de 27 millions de manifestants sont au même moment apparus dans toutes les provinces   de l’Egypte, représentant les différentes classes et couches de la société Egyptienne. En face des protestataires qui ne dépassaient pas 200 000 manifestants des Frères Musulmans et de leurs alliés dans un petit square du Caire. Ainsi les Egyptiens étaient d’un côté et de l’autre les Frères Musulmans et leurs alliés étaient isolés. C’est la réalité de la scène. C’est la réalité sur laquelle toute évaluation de la situation ou toute analyse politique scientifique devrait être basée.

Nous estimons que ce qui s’est produit le 30 juin est une seconde vague de la révolution Egyptienne qui est plus forte et plus profonde que la première en 2011. Elle s’est déroulée pour corriger le chemin de la révolution et pour l’éloigner des forces de l’extrême droite religieuse qui a conspiré pour dérober la révolution et conduire sa vague afin de servir ses objectifs fascistes et réactionnaires et les complots de l’impérialisme mondial.

Q2 – Quel est le niveau de participation des classes laborieuses et ouvrières dans ces protestations? Pourquoi les ouvriers participent dans la bataille avec l’Islam politique pour les droits démocratiques ? 

 

Salah Adly: Les slogans de base de la révolution de janvier étaient: pain – liberté – justice sociale – dignité humaine. C’est une orientation essentielle de la révolution nationale démocratique. Elle arrive après une longue période historique qui a débuté dans les années soixante dix du siècle dernier, avec le règne du grand capitalisme dépendant et un cycle complet de régression, de retard et de tyrannie. Au cours de cette période, les forces réactionnaires, en alliance avec l’impérialisme mondial et la réaction arabe, ont agi pour renforcer un climat qui permettait l’actuel Islam politique – particulièrement les Frères Musulmans – pour  son extension et son ascension. Les forces de gauche étaient affaiblies. Les ouvriers étaient déplacés et les grandes entreprises industrielles étaient liquidées dans le but de porter un coup à toutes les possibilités d’achever un complet  développement.

En fait, les ouvriers sont impliqués dans la plupart des protestations qui ont pris de l’extension depuis 2006 et ils participent à toutes les manifestations populaires comme une partie du peuple et non pas organisés sur une base de classe. Cela est dû à une absence de fortes organisations, fédérations et unions  syndicales à cause du long héritage  de la tyrannie et de la répression du gouvernement pour contrôler les fédérations et les unions syndicales. C’est aussi dû  aux grands changements de la carte de classe et à la nature de la composition de la classe ouvrière qui s’est constituée  dans différents secteurs durant la période passée. De petites et moyennes entreprises contrôlées  qui dépendaient du  secteur privé, où les travailleurs étaient empêchés de constituer des unions syndicales. La classe ouvrière n’a pas émergé d’une  manière claire en tant que classe dans la révolution. Comme résultat le manque d’unité efficace parmi les forces de gauche et sa faiblesse durant la période précédente pour plusieurs raisons, ce n’est pas là le lieu de les mentionner, le mouvement ouvrier n’est pas apparu d’une manière efficace et influente proportionnellement à la taille de sa participation et des grands sacrifices dans la révolution.

C’est important de le  clarifier, les ouvriers dans le secteur public ont découvert que les attitudes des Frères Musulmans ne différaient pas des orientations du régime de Moubarak. Elles étaient plutôt  pires. Les Frères Musulmans ont appliqué les mêmes orientations pour la poursuite du programme de privatisation et de libéralisation des prix. Ils n’ont pas augmenté  le salaire minimum alors que c’était une des premières revendications de la révolution. Ils ont réduit les impôts pour les affairistes, poursuivi la privatisation des services et refusé l’application du programme social de la santé.  Ils ont maintenu la vente et l’hypothèque des biens de l’Egypte et de ses institutions au travers du projet des « obligations islamiques »  qu’ils se sont hâtés de présenter au Conseil de la Shura (la chambre haute du parlement) laquelle  est contrôlée par les Frères Musulmans. La position la plus dangereuse fut leur refus de présenter la loi pour assurer la liberté de créer des unions, qu’ils avaient acceptée avec toutes les forces politiques et les syndicats actuels avant la révolution. Ils ont remis en place les hommes de Moubarak au côté de leurs hommes dans l’Union Générale des Travailleurs Egyptiens contrôlée par le gouvernement. C’est la base sociale et démocratique pour le bien  de la classe ouvrière  et en faveur de la révolution contre le règne des Frères Musulmans et des forces de l’Islam politique, en plus des autres raisons que nous avons mentionné auparavant.

Quiconque imagine que les travailleurs se révoltent seulement pour des questions qui ont un caractère de faction ou pour des raisons économiques se trompe. Les travailleurs sont plus vigilants aux dangers du projet de l’aile droite religieuse extrémiste et à ses  pratiques de droite et fascistes dans tous les domaines , démocratique, politique, économique, social, et national.

Q3 – Dans votre déclaration,  le Parti communiste d’Egypte qualifie les développements actuels comme une révolution.. Quelles sont  la nature, les tâches et les revendications de le révolution?

 

Salah Adly: Oui, ce qui s’est produit maintenant est une révolution. Pour être précis, c’est une seconde grosse vague de la révolution de janvier 2011. quand  sa première vague a été absorbée parce qu’elle a été dérobée par les Frères Musulmans malgré le fait qu’ils n’y avaient pas participé ne l’ayant ni appelé ni faite. C’est une révolution démocratique avec une orientation sociale et patriotique claire . Elle se poursuit, et de larges couches sociales et des forces politiques différentes (libérales, nationalistes et de gauche) y ont participé. Avec la poursuite de la chaleur révolutionnaire, la vérité au sujet des différentes positions devient plus claire, et les intentions de ces forces et leur volonté de poursuivre la voie de la révolution sont révélées.

Les premières tâches démocratiques de la révolution sont la promulgation d’une nouvelle constitution civile démocratique qui confirme les droits de l’homme, les droits des femmes et les droits économiques et sociaux des classes laborieuses et que nul ne puisse nier au peuple le droit de choisir à l’avenir son système politique et économique selon le rapport des forces. Ainsi la tâche de renverser la Constitution  sectaire, réactionnaire et déformée, plutôt que de l’amender, est une tâche fondamentale pour les forces démocratiques et progressistes, pour le moment.

Une des tâches de la révolution démocratique est aussi la liberté de créer des Unions syndicales, des partis politiques et des associations sans ingérence du gouvernement, le rejet de la formation de partis politiques sur une base religieuse et sectaire, la pleine égalité entre les hommes et les femmes dans les droits et devoirs, égalité devant la loi et la criminalisation des formes de discrimination religieuse et autres.

Parmi les tâches sociales l’élaboration d’un plan de développement social indépendant et complet qui est basé sur l’encouragement des secteurs productifs avec le besoin d’une distribution équitable du produit du développement et de la richesse au bénéfice des pauvres et  des couches laborieuses et satisfaisant les revendications sociales urgentes. Une priorité première parmi ces revendications est la fixation  d’un salaire minimum et maximum en le liant aux prix, l’annulation des dettes des petits paysans, la redistribution des articles du budget afin d’ augmenter les dépenses pour la santé et l’éducation, pour construire des habitations en faveur des personnes dont les revenus sont bas, en augmentant les impôts pour les riches, pour la reprise des biens  des sociétés du secteur public qui ont été pillées et la lutte contre la corruption.

Les tâches nationales sont: S’opposer à la dépendance envers les Etats Unis, le refus de succomber à l’hégémonie sioniste, l’amendement de l’accord de Camp David, et l’approfondissement des relations avec les pays et les peuples du Tiers Monde.

Q.4 Est-ce que les développements actuels en Egypte signifient le rejet de l’Islam politique ou seulement le rejet des « Frères Musulmans » par le peuple Egyptien ?

 

Salah Adly: Les Frères Musulmans sont la plus efficace et influente organisation parmi les forces de l’Islam politique. Toutes les autres organisations, y compris les groupes Salafistes et Jihadistes, se sont alliés aux Frères Musulmans et ont marché avec eux dans la dernière bataille pour défendre leur régime parce qu’ils savent que leur défaite signifierait une défaite majeure pour le projet islamiste sectaire qui est soutenu par l’Administration US en tant qu’alternative aux régimes autoritaires déchus. Seul le Parti islamiste El Nour a été exclu de l’alliance à la dernière bataille en raison de considérations liées à son association avec l’Arabie Saoudite. Mais nous sommes conscients qu’il est un parti réactionnaire et sectaire qui est hostile aux droits de l’homme et aux droits des femmes et des minorités, comme d’autres sectes islamiques. Ceci est évident avec leur incitation au crime avec l’assassinat des Shiites et leurs  corps traînés lors de l’horrible massacre qui a eu lieu dans un village le mois dernier.

Nous croyons que la bataille n’est pas fini et qu’il est nécessaire qu’elle soit une bataille politique, sociale et culturelle pour écraser leur résistance et changer le climat général qui s’est répandu pendant des décennies.

Mais ce que nous voulons c’est attirer l’attention  sur ce qui s’est produit en Egypte. Ce n’est pas maintenant  seulement une confrontation des Frères Musulmans, et leurs alliés parmi les forces du droit religieux, avec les institutions de la sécurité de l’Etat. Ils se sont en fait confrontés aux  Egyptiens de toutes les sectes et de tous les courants et également  aux institutions de l’Etat, y compris celles de la justice, des médias et de la culture. Dans les banlieues et les villages , les Frères Musulmans sont maintenant en confrontation avec les masses Egyptiennes, et ils ont certainement perdu le soutien de larges segments du peuple au cours des deux dernières années. Mais l’Armée et la Sécurité ont un rôle important dans la confrontation avec  des milices terroristes armées.

En bref, ce qui s’est produit, nous l’avons vu,  est une grande défaite du projet du droit religieux en général, et pas seulement du projet des Frères Musulmans. Elle aura des implications majeures dans la région dans la période qui vient.

Q5- Quelle est votre point de vue à propos des arguments que le retrait de Morsi est antidémocratique parce qu’il a été élu légalement et la nouvelle constitution a été ratifiée au cours d’un référendum. Morsi a-t-il été  renversé par l’armée Egyptienne? 

 

Salah Adly: Ceux qui ont chassé Morsi sont plus de 22 millions de citoyens Egyptiens qui ont signé un document contenant leurs noms et signatures, le numéro de leur carte d’identité (Carte Nationale d’identité), et le nom de leur province, écrit de leur main plutôt que par Internet. C’est un référendum sans précédent qui a culminé dans la  » grande  sortie à l’extérieur » dans les principaux squares de plus de 27 millions de manifestants le 30 juin, et qui s’est poursuivie pendant 4 jours. C’est Morsi qui a renversé la légitimité quand il a présenté sa déclaration constitutionnelle dictatoriale en novembre 2011. C’est Morsi qui a anéanti les droits de l’homme quand ses soutiens terroristes ont assiégé la Cour Constitutionnelle, quand ses milices ont torturé les manifestants face au Palais Al-Ittihadyah ( le palais présidentiel)comme l’ont montré les enquêtes entreprises par le Bureau du procureur public, et quand ses hommes ont tué des manifestants face au siège central du Parti de la Justice ( l’arme politique des Frères Musulmans) suivant les ordres explicites du dirigeant du groupe et son député, comme l’ont reconnu les tueurs devant le procureur public. C’est Morsi qui a renié les promesses qu’il avait annoncées le jour où il a réussi à amender la constitution et formé un gouvernement de coalition. Lui et son groupe ont soutenu la soumission aux conditions du Fonds Monétaire International. Il a déclaré aussi le Jihad en Syrie à la Conférence des forces terroristes jihadistes sans en référer à l’Armée et au Conseil de la Défense Nationale.

C’est pourquoi, tous les partis  politiques et toutes les forces, et même le Parti Salafiste El-Nour, qui ont saisi le bateau avant qu’il ne coule, ont soutenu des élections présidentielles anticipées. Cet appel n’est pas un coup contre la démocratie, il émane plutôt du coeur de la démocratie populaire  quand tout président trahit ses promesses au peuple et son programme de base sur lequel le peuple l’a élu.

Limiter la cause de la Démocratie  au seul « scrutin électoral » est un complet pillage de l’essence de la démocratie et un rejet explicite du droit des peuples à se révolter contre leurs dirigeants autoritaires et les régimes fascistes qui utilisent la religion pour cacher leur nature réactionnaire et leur orientation de l’aile droite capitaliste.

La défense de Morsi par les Etats Unis et les Etats capitalistes occidentaux et l’interprétation de la question juste comme un « coup d’Etat militaire » contre la « légitimité constitutionnelle » est une position formelle  qui cache le fait que le monde de l’impérialisme est terrifié par les révolutions populaires et leur capacité de transcender les limites étroites de la démocratie bourgeoise qui représente, dans son essence, la forme optimale pour réaliser les intérêts des grands affairistes et des monopoles et de leurs agents locaux afin de contrôler l’avenir des peuples des pays du Tiers-Monde.

Ce qui s’est produit n’est pas, en aucun cas,  un coup d’Etat militaire, mais un coup révolutionnaire du peuple Egyptien pour se libérer du règne fasciste. Ce que l’Armée a fait répond à la volonté des populations pour les protéger des complots des frères musulmans et de leurs alliés terroristes armés qui veulent allumer des conflits sectaires et des guerres civiles, diviser l’armée Egyptienne et détruire les institutions de L’Etat Egyptien afin de servir les intérêts de l’impérialisme et du sionisme dans la région.

Quelle sorte de coup d’état militaire est-il quand des dizaines de millions de personnes sont dans les rues? Quelle sorte  de coup d’état militaire est-il quand le dirigeant de la Cour constitutionnelle a déjà assumé le pouvoir, ce qui a été demandé par le Front du Salut National, qui inclut toutes les forces de l’opposition avec leurs orientations diverses et le jeune mouvement « Tamarod » (Rébellion),  qui a été approuvé par les masses Egyptiennes??! Quelle sorte  de coup d’Etat militaire  est-il quand un gouvernement composé de nationaux civils qualifiés par le peuple sera formé et qui aura les pleins pouvoirs durant une période de transition ne dépassant pas un an et qui s’achèvera par la promulgation d’une constitution civile démocratique, des élections présidentielles et parlementaires que chacun attend avec enthousiasme?? Quelle sorte de coup d’Etat militaire est-il quand il permet le droit aux protestations pacifiques mêmes de ses opposants  et n’impose pas l’Etat d’urgence?? La déclaration de Al Sisi, le Chef de l’armée Egyptienne, qui présentait la feuille de route pour la période de transition, a été seulement annoncée après un dialogue et le consensus des représentants du peuple Egyptien, y compris le mouvement de la  jeunesse du « Tamarod » (Rébellion), le Représentant du Front du Salut , le Sheikh d’Al-Azhar, le Pope Copte et une représentante des femmes. Le peuple Egyptien a célébré dans les principaux squares, dans les banlieues et les villages cette grande victoire pour les Egyptiens et avec  l’Armée Nationale qui les approuvait??

Nous nous  devions, comme le Marxisme l’enseigne, procéder à partir de la réalité concrète et ne pas nous confiner dans notre vue des idées prédéterminées et des formules toutes prêtes. N’est-il pas remarquable que les médias occidentaux se montre aveugle  à tout cela, refuse de voir la réalité et insiste que c’était un coup d’Etat militaire???!!!

Néanmoins, nous tenons beaucoup à la nécessité de demeurer en alerte et à être attentionné au cours de la prochaine phase pour assurer que le rôle militaire à cette étape soit limité à la protection du peuple et à la Sécurité nationale de l’Egypte et à s’en tenir aux promesses de ne  pas  s’ingérer directement dans les affaires politiques, et la nécessité pour le peuple de demeurer dans les squares pour assurer l’application de leurs revendications dans la phase de transition.

Q.6 – Quelle est votre évaluation de la position des USA ENVERS LES DÉVELOPPEMENTS EN EGYPTE?

 

Salah Adly: Les Etats Unis ont été surpris par la révolution de janvier 2011, mais ils avaient préparé des scénarios d’un changement en Egypte avant qu’ils ne sentent que le régime de Moubarak avait vieilli. Aussi sont-ils intervenus immédiatement après que se produisit le renversement pour créer une alliance entre l’ancien Conseil Militaire et les Frères Musulmans afin de paver le chemin pour la prise du pouvoir par les Frères Musulmans après qu’ils aient promis d’assurer la réalisation des intérêts des Etats-Unis, en assurant la sécurité d’Israël et en poursuivant la politique économique néo-libérale qui est contre les intérêts des masses populaires.

Mais les Etats-Unis ont découvert après un moment l’étendue de l’incapacité des Frères Musulmans à diriger les affaires de gouvernance, leur manque de compétence vis à vis du peuple et leur insistance pour une alliance avec les groupes jihadistes au lieu d’une alliance avec les forces libérales  et l’unification des couches diverses de la classe des grands capitalistes dans un système stable basé sur un transfert du pouvoir qui tourne dans l’orbite de cette classe et qui assure les intérêts de l’Amérique. Les Etats Unis, en même temps, étaient aussi attentifs pour assurer les intérêts et les privilèges de l’institution militaire dans le but de garantir sa loyauté.

Mais les Etats Unis étaient effrayés par la poursuite de la situation révolutionnaire en Egypte, la progression de l’échelle des protestations  et la montée du rejet populaire du règne des Frères Musulmans. C’est pourquoi, ils ont exercé une pression sur les Frères Musulmans de présenter des réformes, et ils ont aussi exercé une pression sur les forces de l’opposition libérale, particulièrement sur ces représentants des intérêts du Grand Capital du Parti Wafd, du Parti des Egyptiens libres et le Parti de la Constitution  pour permettre d’ aller au plus vite à des élections parlementaires, à cesser leur alliance avec les forces de gauche et à rejeter les orientations révolutionnaires des mouvements de la jeunesse qui croient que les objectifs de la révolution et le déracinement du régime  des Frères Musulmans ne peut s’achever que par une grande révolution populaire contre eux et le boycott des élections.

Quand « Tamarod » (Rébellion) et ses idées de génie pour retirer la légitimité à Morsi réussirent, il mit chacun dans un dilemme quand les larges sections du peuple et les forces politiques répondirent à son appel. Cela mit un terme à l’indécision de tous les partis et de toutes les forces. Ils se rallièrent derrière l’option populaire pour le renversement de Morsi  ce qui a  conduit  à des élections présidentielles anticipées. Cette demande s’éleva pour appeler au renversement du régime des Frères Musulmans, pour changer la Constitution et corriger le cours de la révolution à travers une nouvelle légitimité révolutionnaire et une nouvelle phase de transition sur une base correcte.

Les Frères Musulmans, les Américains, l’Armée, et même les forces de l’opposition politique n’avaient pas imaginé que la réponse du peuple serait de cette  puissante envergure qui força chacun à appliquer la volonté du peuple.

Nous savons que les Etats Unis exerçaient une pression d’une manière flagrante sur les dirigeants de l’Armée et sur les forces politiques libérales non pas pour renverser Morsi mais seulement pour présenter de grandes réformes. Mais il était trop tard et chacun réalisa que le peuple avait parlé et que l’alternative serait l’escalade à la guerre civile, l’escalade au terrorisme et au conflit sectaire, et la porte ouverte à l’intervention étrangère.

L’arrivée à ce point critique a conduit au renversement de Morsi et à l’intervention de l’armée d’une manière qui sert les objectifs de la révolution à cette étape. Ce qui  est remarquable  c’est la première fois où l’armée Egyptienne a désobéi aux ordres de l’Amérique parce qu’elle a réalisé la nature des grands dangers qui la tourmentaient et aussi la patrie si elle refusait de soutenir la révolution.

Les forces nationales et démocratiques ont réalisé que les dirigeants de l’Armée avaient des intérêts et des privilèges qu’ils veulent préserver, et ils veulent aussi avoir un rôle dans le pouvoir sans une ingérence politique directe. Nous croyons que c’est à prendre en compte à cette étape en mettant l’accent sur la correction des choses graduellement dans la prochaine phase.

Nous nous attendons que les Etats Unis, dans la période critique qui suit, encourageront les complots pour initier la sédition et le conflit et pour encourager ces groupes pour attiser le chaos afin d’accomplir les schémas du « chaos créatif » des schémas pour transformer l’Egypte en un autre Iraq. C’est ce qui est arrivé et qui a été révélé dans le complot du vendredi 5 juillet. Ce complot a été dénommé par la jeunesse  » La tripartie, Etats Unis- Israël-les Frères Musulmans, Agression » sur le peuple d’Egypte. Le plan avait pour objectif d’interrompre la révolution, de réinstaller Morsi, de répandre le chaos et la terreur à travers des manifestations qui occuperaient les squares libérées en employant les armes et le terrorisme, en déclenchant une campagne de rumeurs et une guerre de désinformation qui serait sans précédent en Egypte dans le but de créer des divisions entre le peuple et l’armée et au sein des militaires eux-mêmes, et de conspirer avec les groupes jihadistes dans le Sinaï pour le déclarer zone libérée en collusion avec Israël et les groupes islamiques de Gaza.

L’Egypte a vécu  des heures critiques après le discours du terrorisme et de l »intimidation prononcé  par le dirigeant  du groupe fasciste, les Frères Musulmans, à ses supporters du square Rabi’a al-Adawiyya de la Cité Nasr, au Caire. Ce fut le signal pour le départ de cette grande conspiration afin de se retourner contre la volonté populaire. CNN tout comme le service arabe de la BBC des canaux de TV ont joué un jeu dangereux dans ce complot. Mais le peuple et l’armée ont été en mesure de contrecarrer ce complot et le rôle honteux de l’Amérique et des Frères Musulmans pour trahir le peuple et la patrie ont été dévoilés. Ce fut un coup majeur aux schémas de l’Amérique et de l’impérialisme dans la région. Le triomphe de la révolution et de la volonté populaire furent  réaffirmés sur les forces de la contre-révolution.

Q7- Quelle est votre évaluation sur le nouveau président désigné, et que devrait-il immédiatement faire?

 

Salah Adly- C’est un juge bien connu pour son intégrité et sa compétence, qui n’a  professé aucune position politique ni adopté  certains préjugés. Le discours qu’il a présenté après avoir prêté serment  et occupé son poste comme Président par intérim pendant la période de transition fut un discours bon et positif. Il a souligné que « seul le peuple » l’avait désigné , et que les pouvoirs qui lui ont été confiés sont honorifiques, mais que l’autorité réelle réside chez le premier ministre qui choisira par le  consensus des forces nationales et de la jeunesse, et qui sera chargé de l’application des tâches acceptées par les forces nationales, démocratiques et sociales. Une priorité majeure du gouvernement serait d’arrêter l’effondrement de l’économie, d’appliquer les demandes urgentes des couches laborieuses et de fournir la sécurité.

Nous voyons la nécessité de poursuivre la pression publique dans les squares, qui a été confirmé par la déclaration présenté par Al-Sisi, de protéger le droit à la manifestation pacifique. Cela pour assurer que l’armée n’interviendra pas sauf dans les limites acceptées pour assurer le succès de cette étape de transition difficile.

Q.8- Quels sont les principaux défis auxquels votre parti fait face, particulièrement en relation aux autres forces politiques et pour la création d’une alliance unie?

 

Salah Adly – Le principal défi est le besoin d’unir les forces de gauche en premier lieu pour confronter les tâches énormes auxquelles nous faisons face à cette étape. Les plus importantes sont:

1)  assurer l’accomplissement  des objectifs et tâches de la phase de transition.

2)  accomplir le consensus pour un  candidat unique des forces nationales et démocratiques dans la bataille des élections présidentielles.

3) créer un front des forces de gauche, Nasseriens, mouvements de jeunes et organisations syndicales;  préparer des listes communes pour la bataille des prochaines élections parlementaires et locales; exercer une pression afin d’assurer qu’il n’y ait pas de recul dans la correction de la marche de la révolution dans la phase de transition.

4)  rechercher à compléter et à développer la structure du parti, à renouveler le parti avec du sang nouveau, et à développer son programme afin que nous puissions faire face aux grands défis auxquels nous sommes confrontés.

From → Peuples en lutte

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