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Une contribution d’un camarade de Sidi Aïch au débat sur l’appel du 18 Janvier

by sur 26 juillet 2013

 Ce que je vais mettre ici ne sont pas mes positions mais les positions de Marx, Engels, Rosa, Lénine et Bordiga par rapport à ce manifeste

 

Dans le manifeste vous dites :

 

« Cette inflation profite essentiellement aux gros commerçants, aux importateurs, aux corrompus et autres affairistes qui forment le gros d’une nouvelle bourgeoisie non productive, une bourgeoisie compradore qui sert de relais à la pénétration des multinationales qui inondent le marché local de leurs produits. »

 

Dire que l’inflation profite essentiellement aux gros commerçants…. Est à mon avis un non-sens et même un concept très dangereux. Puisqu’il participe à propager le mensonge au sein du prolétariat.

Car cela sous-entend qu’il n’y a pas de crise, ou comme le disent les gauchistes en Europe : « la crise a été provoquée par les capitalistes et les actionnaires afin de licencier les travailleurs. »

En effet, l’inflation est une conséquence directe de la crise mondiale du capitalisme, c’est une preuve que le capitalisme agonise et ça confirme les prédictions du marxisme.

 

Et quand vous dites :

 

« Une bourgeoisie compradore qui sert de relais à la pénétration des multinationales qui inondent le marché local de leurs produits. ».

 

Cela sous-entend que vous défendez le marché national, c’est-à-dire que vous êtes pour le patriotisme économique, alors que le socialisme c’est l’abolition de la marchandise et donc du marché.

De plus et comme il a été mentionné dans le manifeste du parti communiste : «  les prolétaire n’ont pas de patrie», cela veut dire qu’ils ont aucune patrie à défendre, aucune nation à défendre, aucun état à défendre et aucune économie à défendre qu’elle soit nationale ou étrangère publique ou privée. Mais au contraire, ils doivent détruire tous les états, toutes les nations et toute l’économie capitaliste.

Les ouvriers qui travaillent chez une entreprise étrangère, dans une multinationale, dans une société privée nationale, dans une entreprise publique nationale, sont tous soumis à la même loi du capitalisme : l’exploitation de plus en plus atroce.

 

Quand vous dites :

 

« Le contexte actuel est marqué par une polarisation de classes : minorité de riches en haut, majorité de pauvres en bas. Cette polarisation constitue le produit direct de la politique néolibérale menée par le pouvoir depuis des décennies. ».

 

 

D’abord je tiens à vous dire que l’Algérie et tous  les états dans le monde mènent une politique non pas néolibérale, non pas ultralibérale mais une politique capitaliste tout court.

Je suis contre l’emploi de tous ces mots, inventés par la bourgeoisie pour embrouiller les travailleurs, pour les détourner du vrai problème qui est le capitalisme. 

Leur but est de faire croire et de laisser un semblant d’espoir comme quoi un capitalisme plus humain est possible, et cela en enlevant les suffixes : néo, ultra…

L’autre mot qui vise aussi à cacher le mot capitalisme c’est : la mondialisation comme si c’est un fait nouveau qui a commencé en 1989, comme si avant cette date, le commerce entre les états n’existait pas, les capitaux ne circulait pas… pas alors qu’en réalité LE CAPITAL A été TOUJOURS MONDIAL. Et comme le dit le manifeste du parti communiste « Par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l’industrie sa base nationale. »

 

Les pauvres et les riches ne sont pas une conséquence d’une politique néolibérale menée par l’état algérien depuis des décennies, mais une conséquence du capitalisme tout court et cela depuis sa victoire politique.

En effet, Les pauvres et les riches existent depuis la victoire politique du capitalisme. Et pour ça vous n’avez qu’à lire les passages du manifeste du parti communiste et vous rendre compte que même à cette époque-là, où le capitalisme est encore jeune, les prolétaires étaient misérables. Il y a même des capitalistes qui tombent dans la misère. Voici un extrait du manifeste du parti communiste : « L’ouvrier moderne au contraire, loin de s’élever avec le progrès de l’industrie, descend toujours plus bas, au-dessous même des conditions de vie de sa propre classe. Le travailleur devient un pauvre, et le paupérisme s’accroît plus rapidement encore que la population et la richesse. ».

 

Les pauvres et les riches existent depuis 1962 en Algérie, et depuis cette date l’Algérie a toujours mené une politique capitaliste.

 

Vous dites aussi :

 

« Il s’agit d’une politique d’intégration soumission de l’économie algérienne au capitalisme mondial qui empêche toute perspective de développement national et de justice sociale. Une politique de soumission qui a récemment amené le gouvernement algérien à autoriser l’aviation militaire impérialiste française à survoler le territoire national pour aller mener sa guerre au Mali. »

 

Il ne s’agit pas d’une politique d’intégration soumission de l’économie algérienne au capitalisme mais il s’agit de l’impérialisme et l’impérialisme n’est que dit Lénine « le stade suprême du capitalisme » donc il s’agit tout court du capitalisme. 

Cette domination, vous ne pouvez la supprimer qu’on abolition l’exploitation de l’homme par l’homme comme c’est dit dans le manifeste : « Abolissez l’exploitation de l’homme par l’homme, et vous abolirez l’exploitation d’une nation par une autre nation. », Mais pas en se montrant comme le plus patriote de tous.

 

Vous dites :

 

« ..L’absence de libertés démocratiques… »

 

Vous considérez L’absence de libertés démocratiques comme un obstacle pour l’émergence d’une force politique.

Depuis quand la démocratie a favorisé l’émergence d’une force politique.

Les marxistes n’ont pas à lutter pour la démocratie, car comme disait Amadeo Bordiga : « La démocratie est le contenu politique et juridique de la forme capitaliste et tant qu’elle vivra elle ne perdra pas ce caractère. Elle est un pacte d’alliance trompeur entre

classe dominante et classe dominée. Tout comme l’URSS s’est elle-même vendue à l’Amérique dans l’alliance de 1942, la classe prolétarienne est vendue au Capital dans toute alliance démocratique.

Démocratie signifie collaboration de classe, neutralisation de toute lutte de classe, conservation maxima de la forme sociale existante. Aucun fascisme, aucune dictature de la classe capitaliste ne peuvent être plus conservatrice que la démocratie, acceptée par le Capital aussi longtemps que le prolétariat a la bêtise de l’accepter. Historiquement le fascisme représente une situation plus révolutionnaire que la démocratie. Ceci a été pleinement théorisé par Engels à la fin de sa vie, et non pas comme le firent stupidement les staliniens européens de 1922 – cette honte est en premier lieu italienne – voyant dans le fascisme un retour du régime bourgeois au despotisme féodal. Pour Engels, le fascisme donne à la classe dominante la responsabilité et l’initiative de rompre la trêve libérale et de déclencher la guerre de classe moderne. ».ou « ce n’est pas parce qu’ils foulent aux pieds la liberté, laquelle nous a toujours été refusée, à nous prolétaires, que le fascisme se montre notre ennemi ».

Et même dans le manifeste du parti communiste on peut lire « Enfin, au moment où la lutte des classes approche de l’heure décisive, le processus de décomposition de la classe dominante, de la vieille société tout entière, prend un caractère si violent… »

Quand vous dites :

« Construire une force politique pour la porter. Il ne s’agit pas de construire contre ces partis, mais avec eux. »

 

Ici ça sent le consensus et l’interclassiste. Alors que normalement les marxistes doivent se distinguer et affirmer ce qui les sépare avec les autres et non ce qui les rapproche. Les marxistes doivent travailler pour seul, pour un mouvement de classe autonome de toutes les autres classes.

Et quand vous dites :

« Comment dépasser le capitalisme qui ne produit qu’exploitation, exclusion et domination ? Quel socialisme nous voulons ? ».

 

 D’abord, il n’existe qu’un seul socialisme, pas deux pas trois et ce socialisme est bien décrit dans les écrits de Marx et Engels. 

Pour le comment dépasser le capitalisme, les buts et les moyens, là aussi les œuvres de Marx et Engels ne manquent pas. Et Rosa Luxembourg le mentionne bien dans son article de 1903 où elle dit : «…Tout cela fixe par avance des limites assez étroites à l’activité intellectuelle de la classe ouvrière, c’est-à-dire de ses chefs idéologiques. Le domaine de leur activité créatrice ne peut être qu’une partie bien définie de la science : la science sociale. Et comme justement « les rapports particuliers de l’idée d’un quatrième état avec notre période historique » rendaient nécessaires l’explication des lois du développement social pour la lutte de classe du prolétariat, cette idée a eu une influence féconde dans le domaine des sciences sociales. Le mouvement de cette culture prolétarienne, c’est l’œuvre de Marx.

Mais déjà l’œuvre de Marx, qui constitue en tant que découverte scientifique un tout gigantesque, dépasse les besoins directs de la lutte de classe du prolétariat pour lesquels elle fut créée. Dans l’analyse complète et détaillée de l’économie capitaliste, aussi bien que dans la méthode de recherche historique, avec ses possibilités d’application infinie, Marx nous a donné beaucoup plus qu’il n’était nécessaire pour la pratique de la lutte de classe.

Nous ne puisons au grand dépôt d’idées de Marx pour travailler et mettre en valeur quelque parcelle de sa doctrine, qu’au fur et à mesure que notre mouvement progresse de stade en stade et se trouve en face de nouvelles questions pratiques. Mais notre mouvement, comme toute véritable lutte, se contente encore des vieilles idées directrices, longtemps après qu’elles ont perdu leur valeur. Aussi, l’utilisation théorique des leçons de Marx ne progresse-t-elle qu’avec une extrême lenteur.

Si nous sentons maintenant dans notre mouvement un certain arrêt des recherches théoriques, ce n’est donc pas parce que la théorie de Marx, dont nous sommes les disciples, ne peut se développer, ni parce qu’elle a « vieilli », mais au contraire parce que nous avons pris toutes les armes intellectuelles les plus importantes dont nous avions besoin jusqu’ici pour notre lutte à l’arsenal marxiste, sans pour cela l’épuiser. Nous n’avons pas « dépassé » Marx au cours de notre lutte pratique ; au contraire, Marx, dans ses créations scientifiques, nous a dépassés en tant que parti de combat. Non seulement Marx a produit assez pour nos besoins, mais nos besoins n’ont pas encore été assez grands pour que nous utilisions toutes les idées de Marx.

Les conditions d’existence du prolétariat dans la société actuelle, conditions découvertes théoriquement par Marx, se vengent ainsi par le sort qu’elles font à la théorie même de Marx. Instrument incomparable de culture intellectuelle, elle reste en friche, parce qu’elle est incompatible avec la culture bourgeoise, culture de classe, et parce qu’elle dépasse largement les besoins du prolétariat en armes pour sa lutte. Seule la classe ouvrière, en se libérant des conditions actuelles d’existence, socialisera, avec tous les autres moyens de production, la méthode de recherche de Marx, afin de lui donner son plein usage, son plein rendement pour le bien de toute l’humanité. »

Salutations !!

 

 

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