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Contribution à la réflexion sur le projet de Rassemblement de gauche

by sur 26 août 2013

Afin d’éclairer le point de vue du camarade Sadek Hadjeres, nous publions la contribution à laquelle il fait référence. Des corrections

de style ont été apportées et des coquilles supprimées par rapport
au texte initial.

Où en sommes-nous ?

Une année après le lancement du Rassemblement de gauche (RDG), nous observons que l’initiative rassemble plus ou moins régulièrement quelques dizaines de personnes. Elle pourrait assez rapidement en toucher quelques centaines.

On constate par ailleurs que le RDG se compose essentiellement de militants organisés dans des partis de gauche avec une prééminence des militants venant du PST. Des sympathisants de ces partis participent à la démarche du RDG. D’anciens militants de formations politiques disparues (PAGS essentiellement) sont également partie prenante de l’initiative.

On note par ailleurs la présence de syndicalistes et anciens syndicalistes. Enfin, il semble que la dynamique concerne toutes les classes d’âge : de 20 à plus de 60 ans.

A l’heure qu’il est, il semble que le RDG ne soit présent, sous la forme de collectifs plus ou moins structurés, que dans 6 wilayas de l’Est et du centre. Cela ne l’empêche pas de disposer de contacts ailleurs.

Le mouvement se rassemble autour de l’idée de RDG, mais il n’y a pas de structuration nationale alors que l’organisation et le travail locaux s’avèrent extrêmement variés et inégaux d’une wilaya à l’autre.

Enfin et surtout, le mouvement n’a pas encore une idée précise et homogène de ce qu’il est, de ce qu’il veut et de comment y arriver.

Il s’avère donc temps de prendre cette dernière question à bras le corps, d’en débattre pour lui donner une réponse. A défaut de cela, le projet risque d’aller dans tous les sens, d’échouer et de disparaître.

Pourquoi l’initiative a-t-elle été lancée ?

Plusieurs facteurs ont concouru à lancer le RDG. Nous pouvons citer, entre autres :

– la gravité de la situation politique internationale,

– l’impasse politique nationale,

– l’absence d’une alternative crédible à même d’offrir une perspective émancipatrice aux masses populaires,

– les limites des partis de gauche actuels.

Le RDG vise donc à dépasser les limites des partis de gauche afin d’élaborer une alternative à même de répondre aux défis de l’heure, en faveur des masses populaires. Cette initiative n’est pas dirigée contre ces partis, mais vise à les englober.

Quel rapport avec d’autres expériences ?

Lors des discussions qui traversent le RDG, on se réfère quelques fois à des processus qui se sont déroulés par le passé à l’étranger ou en Algérie. Reviennent régulièrement les exemples des PT brésilien et algérien. La raison principale d’une telle comparaison se trouve dans la nécessité de créer une nouvelle force politique qui dépasse et parfois inclut les partis traditionnels qui se sont avérés incapables de répondre aux enjeux de l’heure.

On constate cependant, au-delà des différences de contextes politiques propres à chaque pays et à chaque époque, qu’il existe des différences dans la façon dont le projet fut mis en œuvre :

Au Brésil par exemple, la création du PT fut l’œuvre de militants ouvriers ayant mené, dans l’industrie en particulier, de très importantes luttes de masse (grèves, manifestations…). Ces militants avaient même créé une organisation syndicale de masse. Confrontés au blocage politique induit par le régime dictatorial, ils ressentirent la nécessité d’élargir et d’élever leur combat au niveau politique.

Ce processus se déroulait dans les années 1980, avant la chute du Mur de Berlin et la disparition de l’URSS. Se référant à un socialisme non lié à l’URSS, la Chine ou un quelconque autre pays, disposant d’un fort ancrage social dans la classe ouvrière et perçu come un parti directement issu des masses et non discrédité par la gestion des structures de l’Etat brésilien, le PT ne sera pas déstabilisé par la disparition de l’URSS et du bloc de l’Est.

L’initiative de lancement du PT en Algérie initiée avant la chute du Mur de Berlin, la disparition de l’URSS et la dissolution du PAGS, initiative lancée par les camarades de l’Organisation révolutionnaire des travailleurs (ORT) bénéficia pour sa part de :

– l’ouverture politique postérieure au 5 octobre 1988,

– la montée impétueuse des luttes ouvrières qui avaient d’ailleurs commencé au cours de l’été,

– la fin de la domination totale de la direction de l’UGTA sur les instances de base devenues en partie plus dynamiques et autonomes,

– de la détermination des militants d’extrême-gauche sortis de la clandestinité et qui disposaient d’une expérience politique, militante et organisationnelle avérée.

Cette initiative se tint dans une phase de montée politique impétueuse de l’islamisme.

Ces rappels n’ont pas pour objectif de tirer le bilan de ces deux expériences, mais de mettre simplement en évidence le fait que notre dynamique a été lancée dans un contexte politique différent.

La dynamique actuelle du RDG

Le projet de RDG ne constitue pas un prolongement direct des luttes sociales (chômeurs, travailleurs de la Fonction publique, ouvriers des multinationales ou des entreprises publiques et privées du secteur industriel, étudiants…) pourtant assez nombreuses ces dernières années.

Il intervient dans une conjoncture historique marquée par la disparition du principal parti de la gauche algérienne, le PAGS, et par le discrédit qui frappe le socialisme au niveau de la majorité des personnes appartenant aux anciennes générations. Les nouvelles générations ne connaissent tout simplement pas le socialisme. Il n’y a qu’à observer l’état du mouvement syndical actuel pour mesurer le recul historique du courant et de la référence au socialisme ou même simplement au combat de classe et ce, tant au niveau de l’UGTA que des syndicats autonomes.

Sur le plan international et régional, nous assistons à une perte de crédibilité croissante de la politique néolibérale, à une crise du système capitaliste qui pose la question d’une alternative historique, à une offensive impérialiste directe (Côte d’Ivoire, Libye, Mali…) et indirecte (Syrie…) et à l’éclatement d’un processus révolutionnaire dans les pays du monde arabe, processus long et chaotique qui n’est pas assuré de triompher et qui risque de dégénérer voire de se transformer en son contraire.

La conjoncture dans laquelle nous tentons de déployer le projet de RDG s’avère également marquée, en Algérie, par la défaite politique de l’islamisme qui n’a pas réussi à s’emparer du pouvoir, mais qui conserve et quelque part accroît son hégémonie idéologique sur une grande partie de la population, des jeunes en particulier.

On doit également noter la domination du PT sur le champ politique de la gauche, domination néanmoins accompagnée d’un discrédit de ce parti chez un nombre croissant de travailleurs, de chômeurs, de femmes et de jeunes qui partagent nombre de positions et revendications de ce parti, mais ne se reconnaissent pas dans son compagnonnage avec Bouteflika et la bureaucratie de l’UGTA, celle-là même qui a accompagné la politique d’infitah et de privatisation des quinze dernières années.

Nous nous trouvons également dans une conjoncture marquée par le recul des libertés démocratiques, comparée à la période dans laquelle l’initiative du PT fut lancée.

Ce bref rappel qui n’a rien d’exhaustif nous permet de constater que la situation s’avère beaucoup plus difficile que celle qui présida à l’émergence des deux expériences passées que nous venons d’évoquer : celle du PT brésilien et celle du PT algérien. Ces deux expériences s’inscrivaient dans une logique ascendante des luttes ouvrières et populaires et du combat politique (lutte contre la dictature). Il semble que nous sommes davantage dans une situation de marasme politique tant au niveau national qu’aux niveaux régional et international.

Rassembler ou refonder la gauche ?

Dans sa contribution au débat préparatoire à notre rencontre nationale de la fin du mois d’août, le camarade Nalouf écrit : « Ce travail de construction ne doit pas être axé sur ses dimensions idéologiques (le socialisme que nous voulons), mais principalement sur ces dimensions stratégiques (les combats politiques les plus essentiels à mener, les modes de liaisons aux mouvements sociaux, les modes d’action, les regroupements à favoriser et ceux à éviter).

Pour favoriser un tel rassemblement de gauche, il fallait écarter bien évidemment ce qui la divisait et tenter de le fonder sur de nouvelles bases et sur de nouvelles réponses à des questionnements anciens pour organiser les luttes sociales des exploitées en agissant socialement et politiquement sur le terrain de l’anti libéralisme, dans le but de faire avancer la lutte des travailleurs et des oppriméEs.

C’est pourquoi, Il faut associer les syndicalistes, ceux qui sont sur le terrain des luttes pour porter les réalités, réfléchir ensemble le plus large qui s’appuie sur les expériences du passé des organisations de gauche (PAGS, PST, ORT..), Individuelle et intellectuelle. Il faut une base d’analyse du prolétariat dans les usines, et autres secteurs divers.»

Le camarade a tout à fait raison de préciser que le travail de construction ne doit pas être axé sur ses dimensions idéologiques. Cette dimension doit être abordée en étant remise à sa juste place par rapport aux autres questions. Elle doit également être abordée de façon intelligente, c’est-à-dire en refusant d’ériger un tribunal de l’histoire chargé de remonter le fil du temps pour trancher toutes les controverses du siècle passé et imposer une nouvelle « lecture officielle » de ces événements. Cela n’est ni possible ni productif. Comme l’affirme le camarade Nalouf, les questions du passé doivent être pensées au présent et au futur. Il convient également d’admettre qu’il existe forcément des divergences quant à l’analyse du passé. Les positions et itinéraires propres à chacun ainsi que leurs lectures respectives de l’histoire du mouvement ouvrier doivent servir à enrichir la réflexion et le débat et non à les tuer. Il faut pour cela commencer par définir notre projet historique dans ses grandes lignes. Cela est tout à fait possible.

Le travail de construction ne doit donc pas être axé sur les aspects idéologiques. Mais ces aspects ne doivent et ne peuvent être évacués. Pourquoi ne faut-il pas évacuer le débat sur la question du socialisme (projet et idéologie), même s’il ne faut pas focaliser dessus ?

Nous devons aborder cette question parce que nous traversons une situation historique où la crise du mouvement ouvrier ne se réduit pas à la crise de sa direction politique, mais touche l’ensemble des niveaux. L’idée même de socialisme a été atteinte, voire discréditée. Dans les pays où il continue d’exister et d’agir de façon massive, ce mouvement ouvrier n’est plus sous l’hégémonie des idéaux socialistes et de classe. Les intellectuels qu’il polarisait autrefois ne sont plus attirés par cette perspective. D’autres ne la connaissent même pas. Le problème est encore plus accentué dans notre pays où les forces libérales se sont acharnées, depuis plus de trente années, à discréditer le socialisme, l’anti-impérialisme, la révolution, la solidarité…

Dans ces conditions, notre tâche politique principale n’est pas seulement de rassembler les militants de gauche, comme si nous avions un simple problème de dispersion. Non, il ne s’agit pas tant de rassembler que de refonder la gauche. C’est un travail de refondation qui nous attend. Il convient bien évidemment de rassembler les militants, mais également de recréer l’espoir, de bâtir une alternative politique historique, de porter un projet émancipateur et non simplement de résister à l’offensive néolibérale et impérialiste.

Deux écueils à éviter

Deux écueils nous guettent, que nous n’avons malheureusement pas réussi jusqu’ici à éviter. Le premier écueil, héritage du mouvement de libération nationale, se nomme l’activisme. Une tendance inconsciente, c’est-à-dire non pensée, non théorisée et non assumée repose sur l’idée fausse que l’action peut se passer de la réflexion, de la pensée, de la théorie et du débat. Elle considère que l’action se suffit à elle-même, qu’elle génère ses propres réponses, ses propres solutions et que le débat et la réflexion politiques et théoriques sont inutiles voire même dangereuses.

Or, si la pensée politique n’a d’intérêt que dans la mesure où elle est appliquée, mise en pratique, transformée en action, elle n’en constitue pas moins un moment autonome qu’il convient de respecter et d’aménager afin de rendre l’action pus efficace, plus efficiente. La réflexion politique (qui ne se réduit pas à son aspect théorique, mais qui l’englobe) a besoin d’être prise au sérieux et considérée comme incontournable. C’est le moment où l’on réfléchit à sa propre action, aux conditions objectives et subjectives de cette action et où l’on élabore un plan d’action collective qui doit être mis en pratique par la suite. A défaut d’agir de la sorte, on tombe dans le spontanéisme, dans l’empirisme et on fait de l’à peu près. Il serait temps de tirer le bilan de cette façon de faire de la politique qui dépolitise les militants et sympathisants et donne de médiocres résultats.

Le second écueil, inverse du premier, se nomme le dogmatisme qui considère que la vérité repose dans la doctrine, dans les livres ou le plus souvent, dans les brochures de telle ou telle organisation, de tel ou tel courant marxiste international. Il suffit d’appliquer les préceptes de tel ou tel penseur et dirigeant marxiste pour réussir et, surtout, hantise suprême de la pensée doctrinaire, de ne pas trahir le prolétariat. Pour les tenants de cette conception, les erreurs, fautes et autres trahisons ne sont pas le produit de réponses fausses à des problèmes concrets locaux d’aujourd’hui, mais celui d’une non-application des préceptes de telle ou telle figure tutélaire du mouvement marxiste.

Or, la force de tel ou tel penseur marxiste, se situe dans sa capacité à répondre aux défis concrets de son temps, dans le pays où il avait pour première tâche internationaliste de combattre et de vaincre sa propre bourgeoisie. Pourquoi Lénine domine-t-il encore la pensée révolutionnaire mondiale, près d’un siècle après sa disparition ? Si sa pensée politique conserve une telle puissance, ce n’est pas parce qu’il a donné des réponses universelles à tous les problèmes que nous pouvons rencontrer ni parce qu’il ne s’est jamais trompé. La puissance de la pensée de Lénine réside dans son aptitude permanente jamais démentie à analyser la situation politique concrète et à tenter de trouver des solutions politique concrètes. S’inspirer de Lénine ne revient pas à effectuer un copier-coller de ses analyses, mais à s’inspirer de sa méthode et à tenter, en toute humilité, de l’appliquer à notre propre réalité algérienne et mondiale actuelle. Nous pourrons espérer alors progresser un minimum.

Aussi paradoxal que cela peut apparaître, l’activisme ou spontanéisme et le dogmatisme ou doctrinarisme se renforcent l’un l’autre, se confortent l’un l’autre. Et ils ont en commun le refus de la pensée politique pour éclairer l’action. Or, la compréhension de la situation constitue la clef du succès car le réel est complexe, très complexe. Il ne se réduit pas à ce qui est immédiatement visible, immédiatement perceptible. Il s’avère au contraire souvent trompeur, l’essence des choses et des phénomènes ne se réduisant pas à leur apparence.

Or, on ne transforme dans le sens souhaité que ce que l’on connaît. Il convient donc d’appréhender la réflexion comme un moment de l’action et non comme son opposé, son ennemi. La réflexion doit de son côté être vivante, c’est-à-dire alimentée par les problèmes nés de l’action, l’action ne se réduisant pas à notre seule intervention immédiate mais englobant tous les aspects de la lutte des classes dans une conjoncture donnée.

Nos tâches prioritaires

Deux tâches s’avèrent prioritaires si nous entendons contribuer à bâtir une grande force politique dont le prolétariat et les masses dominées d’Algérie ont besoin.

La première tâche consiste à élaborer un projet politique solide, sérieux et adapté à la réalité. Cela implique :

– de redéfinir le projet socialiste de façon accessible et compréhensible pour les travailleurs et les masses, pour la jeunesse en particulier qui ne connaît pas et/ou qui se méfie de cette idéologie. Nous avons en effet le devoir de défendre le socialisme face à nos adversaires de classes et il convient pour cela de lui donner un contenu et une forme adaptés à la société actuelle.

– de définir une stratégie révolutionnaire adaptée aux réalités politiques mondiales et nationales contemporaines. Où en est le capitalisme mondial ou impérialisme ? Quelle place occupe l’Algérie au sein de ce système mondial ? Quelles en sont les conséquences politiques ? De quelle nature est notre formation sociale ? Quelles classes la constituent ? De quelles natures et comment évoluent les contradictions qui les opposent ? Comment arriver à édifier une société dont l’exploitation et l’oppression seront bannies ? De quelle nature sera la révolution ? Quelles en sont les tâches ? Quelle place pour les tâches démocratiques bourgeoises dans un processus révolutionnaire se fixant le socialisme pour but ? Comment lier en un seul tout tâches anti-impérialistes, tâches économiques et sociales et tâches politiques ? Quelles alliances faut-il contracter, quel bloc social faut-il construire pour les faire aboutir ? Comment gérer les différents moments, étapes, phases, tournants d’un processus révolutionnaire sachant, comme le confirme ce qui se passe aujourd’hui dans les pays du monde arabe, que la révolution ne se réduit pas à un instant t mais qu’elle constitue un long et chaotique processus, un processus qui connaît des avancées, des périodes de stagnation et des reculs, des inversions, voire des contre-révolutions ? etc.

– d’analyser la conjoncture et de définir une tactique correspondante. Le texte du camarade Nalouf a indiqué quelques pistes précieuses pour aller dans ce sens : place de la lutte antilibérale, place du combat anti-impérialiste, importance et rôle du prolétariat…

– de définir le type de force politique à construire pour mener à bien toutes nos tâches.

La seconde tâche consiste à mener le combat politique. L’élaboration du projet politique dont nous venons de souligner les grandes lignes ne se fera pas en un jour. Elle impliquera une hiérarchisation des questions à aborder. Elle impliquera surtout d’accompagner de façon dialectique une action politique puisque la réflexion et l’élaboration d’un projet doivent partir de notre action et des questions que cette action soulève.

Comment mener le combat politique ? Avec quels instruments (journal, blogs, radios, télés…) ? Comment soutenir les luttes populaires, reconstruire les traditions de solidarité et surmonter les divisions au sein du prolétariat : travailleurs actifs/chômeurs, travailleurs du secteur public/travailleurs du privé, ouvriers/employés, travailleurs de l’industrie/travailleurs de la fonction publique, travailleurs manuels/travailleurs intellectuels, hommes/femmes, jeunes/vieux, etc. ? Comment contribuer à la convergence des luttes des différents segments du mouvement populaire : salariés, étudiants, paysans, grèves et explosions autour des conditions de vie (logement, santé…) ? Comment et avec qui élaborer une plate-forme de lutte à même de construire un bloc social majoritaire alternatif ? Quelle formation, vivante, pour les cadres politique ? etc.

Définir des échéances et nous organiser

Les tâches que nous venons d’indiquer s’avèrent gigantesques. Nous ne pourrons les réaliser en quelques mois. Nous aurons donc à effectuer des choix, à fixer des priorités, à tirer des bilans d’étapes, à rectifier éventuellement le tir, à en abandonner certaines et à en définir de nouvelles. Notre esprit doit se trouver en éveil permanent, être ouvert au nouveau tout en agissant avec méthode. Tout ce travail doit parallèlement être enregistré afin de constituer la mémoire du mouvement, une mémoire sur laquelle nous pourrons nous reposer en tenant compte de nos réussites et de nos échecs, de nos succès et de nos fautes… Cette mémoire servira également aux générations nouvelles et à venir afin qu’elles ne réinventent pas la roue à chaque fois et qu’elles se hissent sur les épaules des générations précédentes en tentant de ne pas réitérer leurs erreurs et d’apporter des réponses justes et efficientes aux problèmes que ces générations précédentes n’auront pas réussi à résoudre voire à déceler.

Il convient également de développer en notre sein des relations de chaleureuse camaraderie, de confiance, de respect, ce qui n’exclut ni la franchise ni le débat contradictoire, la critique et l’autocritique.

Afin de mener ce travail à bien, il nous faut passer à un stade supérieur d’organisation. Nous ne pouvons nous contenter de rencontres nationales ou régionales ponctuelles. Il faut travailler ensemble en permanence, aux niveaux local, régional et national. Voilà pourquoi nous proposons d’instituer un collectif de base auquel on donnera le nom que l’on voudra, un collectif régional (ville, wilaya, région…) lorsque cela s’avèrera nécessaire et utile pour le travail et un collectif national, fruit de la volonté de tout le collectif militant pour faire régulièrement le point sur l’état d’avancement du projet et pour veiller à son application au niveau national. Une sorte de conseil national.

Nous pourrions décider, à l’issue du prochain séminaire d’Aokas, de créer un tel collectif national provisoire chargé de mettre en œuvre un programme d’action si celui-ci émerge de notre rencontre d’Aokas. Dans le cas où cela s’avèrerait impossible au cours de cette dernière rencontre, nous pourrions mandater le collectif national provisoire afin qu’il présente un projet de programme d’action dans les meilleurs délais.

Les camarades qui se reconnaissent dans le projet de RDG pourraient en même temps s’organiser dans leurs régions respectives.

Tout ce travail pourrait se donner comme point de mire une ou plusieurs conférence (s) nationale (s), globale ou thématiques, afin de sanctionner l’avancée progressive de nos travaux et de soulever les nouvelles questions nées de notre action collective. L’une des questions pendantes sur laquelle il conviendrait de réfléchir est celle de nos rapports aux formations politiques de gauche organisées. Tout ce travail devrait en effet se faire en convergence avec elles afin de contribuer au mieux à rassembler toutes les énergies disponibles.

Hocine d’Alger

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