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Les travailleurs du quotidien Liberté en grève illimitée

by sur 4 décembre 2013
liberté

Les travailleurs du quotidien francophone Liberté ont entamé, ce mercredi 4 décembre, une grève illimitée pour exiger l’application de la nouvelle grille des salaires.

Section Syndicale du Quotidien LIBERTE
Déclaration :

Le contraire eût été étonnant ! La direction de Liberté refuse d’appliquer la grille des salaires et se met nue devant tous les travailleurs ayant attendu ce moment. Et pourtant, c’est une grille négociée durant des mois par les deux parties respectant toutes les démarches et procédures légales en la matière. Cette énième fuite en avant était prévisible. Après le débrayage du 4 mars 2013 et deux préavis de grève qui ont poussé la direction à accepter le principe de la négociation sociale (une pratique étrange dans les mœurs de tous les dirigeants successifs de Liberté), ces derniers tentent aujourd’hui des passements de jambes, jouent la montre et font miroiter à nouveau l’effet Dracula, histoire d’effrayer, d’épuiser et de décourager les travailleurs, tout en essayant de tuer toute dynamique syndicale revendicative. Ce refus d’appliquer la grille des salaires, fruit de négociations de plusieurs mois, est la meilleure preuve de leur intention.
«Les faits sont têtus ? Et à qui faut-il le rappeler, selon vous ?»
On ne peut pas faire peur, et encore moins convaincre des travailleurs qui sont assujettis depuis des années, moyennant des salaires misérables et honteux que la situation dans laquelle ils se trouvent est «normale» : l’entreprise fait un chiffre d’affaires faramineux, au moment où la quasi-majorité des travailleurs mange son pain noir. Des femmes et des hommes qui ont mis leur vie au service du journal – au moment où le quotidien était touché de plein fouet par une série d’assassinats par les hordes islamistes – : des chauffeurs, des monteurs PAO, des photographes, des journalistes, des correcteurs, des agents publicistes, administratifs… ont fait face, en poursuivant la construction d’un projet qui s’appelle aujourd’hui «Liberté». Et en signe de remerciement, ces mêmes employés n’arrivent même pas à joindre les deux bouts, et vivent dans une misère, alors que Liberté achète des actions dans d’autres entreprises et fait des placements bancaires… Un excédent commercial et financier colossal, mais qui ne profite pas à ceux qui ont permis sa réalisation : les travailleurs ! Plus l’entreprise s’enrichit, plus les travailleurs s’appauvrissent… Une situation qui reflète la politique salariale d’apartheid appliquée à Liberté, et pas seulement dans ce journal, qui ignore la signification de «besoins vitaux» des travailleurs.
Seul le profit compte, quitte à réduire en esclavage tous les employés sous le regard complice de l’Inspection du travail et du ministère de la Communication qui n’osent même pas leur demander de respecter et d’appliquer les lois de la République. Mais jusqu’à quand ?
«Le salaire est tellement dérisoire et miteux que nous avons honte de le révéler à nos proches», pour reprendre une phrase d’un travailleur. «Nous ne pouvons même pas acheter un téléphone portable à crédit, tellement nos salaires sont bas, et aucun vendeur n’ose prendre le risque en voyant notre bulletin de paie !», dit un autre.
Et pourtant les travailleurs ne demandent pas la Lune. Uniquement leurs droits et un salaire digne qui leur permet de satisfaire les besoins les plus élémentaires de leur famille.
Parole aux chiffres… !
La masse salariale n’a pas évolué d’un iota depuis plus d’une décennie, alors que le chiffre d’affaires, lui, a connu des courbes ascendantes et ininterrompues générant une marge commerciale exorbitante. L’augmentation de la masse salariale engendrée par la grille des salaires n’est qu’une petite goutte dans un océan d’argent, mais malgré cela la direction refuse d’améliorer la situation socioprofessionnelle des travailleurs qui vivent dans un environnement économique caractérisé par une dégradation fulgurante du pouvoir d’achat, une inflation qui consume leur maigre salaire, jour après jour, ajoutée à une dévaluation de la monnaie nationale…
La direction s’accroche à son discours stratosphérique qui consiste à dire tantôt «l’entreprise va déposer le bilan en cas d’augmentation des salaires», tantôt «l’actionnaire majoritaire va baisser rideau». Voilà un discours qui gratte le dos par sa dimension ridicule et il faut être le roi des naïfs pour le croire.
Au lieu de regarder la réalité en face, assumer ses engagements, appliquer la grille telle qu’élaborée conjointement avec le syndicat, la direction préfère jouer le pourrissement en poussant les travailleurs à un débrayage dont, elle seule, assumera les conséquences. Qu’à cela ne tienne : défi relevé, car les travailleurs ont décidé de dire à l’unisson : basta ! Et rien ne nous fera reculer avant la satisfaction de nos revendications légitimes.

Pour ces raisons, et après l’expiration du préavis de grève déposé, la section syndicale informe qu’une grève illimitée sera enclenchée à partir du mercredi 4 décembre 2013, et ce, jusqu’à l’application de la grille des salaires et le rétablissement de tous les travailleurs lésés dans leurs droits.
Par ailleurs, nous tenons à nous excuser auprès de nos lecteurs et de nos annonceurs de l’absence de notre quotidien dans les kiosques durant la grève illimitée.
Par : Omar Bourebaba
Secrétaire général de la section syndicale (UGTA)

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