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Solidarité avec la résistance du peuple kurde en Kobane !

by sur 13 novembre 2014

Déclaration de l’Unité Internationale des Travailleurs Quatrième International (UIT-QI) en Solidarité avec la résistance du peuple kurde en Kobane.

Le peuple de Kobane subit une agression de la part de l’État Islamique et il isolé. La résistance nous rappelle celle du peuple de Madrid pendant la guerre espagnole.

Le contrôle de la ville de Kobane (dont la population est à majorité kurde), au nord de la Syrie, a été pris par le peuple kurde au milieu du processus de rébellion populaire, entamé en 2011, contre la dictature de Bashar Al Assad.Depuis lors les Kurdes ont instauré leur autonomie, défendue par les Unités de Protection Kurde Populaires (YPG).Depuis des semaines, Kobane est attaquée par les forces réactionnaires de l’État Islamique (EI) avec la complicité du gouvernement turc, lequel a bloqué l’entrée de l’aide humanitaire, de l’armement, ainsi que des combattants kurdes de Turquie désireux de combattre auprès de leurs frères syriens, exposés à un massacre.  

La Turquie fait partie « de la coalition internationale » commandée par les Etats-Unis, avec l’appui des puissances européennes et des monarchies arabes; coalition qui affronte militairement l’État Islamique seulement si ses intérêts propres sont menacés.Pendant deux années, et avec l’approbation du régime d’Al Assad, l’EI a massacré les peuples de la Syrie, telle une cinquième colonne face à la révolution.Ce n’est que suiteà son expansion à l’Iraq (voir déclaration de l’UIT-CI du 28 août), lorsque l’EI a fait échouer le régime laissé par les Etats-Unis lors de son retrait, que cette coalition fut organisée.En réalité, loin de tout objectif humanitaire, l’intervention impérialiste en Iraq, et ensuite en Syrie, entend uniquement stabiliser les haïs régimes de Bagdad et Damas.Comme nous le disions en août dernier, les peuples de Syrie et d’Iraq sont les seules forces capables de défaire l’État Islamique et tous ces autres régimes, véritables bouillons de culture du soi-disant « califat ».Nous condamnons donc cette intervention impérialiste, et affirmons qu’elle n’aide en rien ceux qui, en Syrie et en Iraq, combattent pour les droits des peuples et la justice sociale.

La Turquie a rejoint la coalition mais résiste à intervenir militairement en Syrie, d’abord parce qu’elle n’est pas disposée à faire le sale travail terrestre, alors qu’Obama évite d’envoyer mourir davantage de soldats USA à la région.Pendant des années, le gouvernement turc a permis l’avancée de l’EI, et a maintenu Kobane sous blocus pour affaiblir le mouvement kurde.

 Quand Obama a qualifié l’EI d’ennemi numéro un et commencé les bombardements en Syrie, il était évident que ceci profiterait au génocidaire Al Assad. Depuis lors ont commencé les pressions sur la Turquie, pour qu’elle rejoigne les bombardements. Pour ce faire, le gouvernement turc d’Erdogan a réclamé une contrepartie : « une zone tampon » occupée par les troupes turques au nord de la Syrie, et dont le principal objectif est de détruire l’autonomie kurde ; ce qui a été clairement expliqué par le premier ministre turc :la zone d’exclusion permettrait « de continuer à combattre contre les organisations terroristes séparatistes ».La situation de Kobane a posé toutes les contradictions sur la table :si la ville était tombée massacrée par l’État Islamique, face au regard impassible des blindés turcs, toute la politique de l’OTAN aurait été mise à nue.Mais le gouvernement turc insistait dans son projet de liquidation.La résolution de ce « désaccord », entre Erdogan et Obama, s’est matérialisée le 20 octobre, quand les Etats-Unis et la Turquie ont intégré un allié qui a toujours été fidèle aux intérêts impérialistes :Barzani, le chef du gouvernement kurde du nord de l’Iraq.Des avions nord-américains avaient déjà lancé (plus ou moins une semaine avant) 24 tonnes d’armes et médicaments directement sur Kobane, à l’adresse des YPG (Unités de Protection kurde Populaires). D’autre part, la Turquie annonçait que, pour combattre dans la ville assiégée, elle ouvrirait ses frontières uniquement aux peshmergas kurdes irakiens, et non pas aux volontaires kurdes de Turquie.Pendant des années Barzani a été l’ennemi déclaré du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan), et il n’avait par ailleurs jamais prêté aucune aide significative aux Kurdes syriens, dont il n’a pas reconnu l’autonomie à ce jour.L’objectif de l’impérialisme, décidé avec Erdogan, est de faire en sorte que Barzani assume le contrôle de Kobane, en limitant ainsi une véritable autonomie kurde.En réalité c’est la pression de la résistance héroïque de Kobane, et la solidarité qu’elle a suscitée dans le monde,  qui a obligé l’impérialisme à se manifester.

Les objectifs de l’EI en Kobane

 L’objectif de l’EI est double.D’une part, faire exploser l’autonomie et les conquêtes démocratiques du peuple kurde de Kobane, ainsi que la reconnaissance des droits du peuple kurde de Syrie, en plein processus révolutionnaire.D’autre part, continuer son expansion brutale avec la conquête de Cizre, situé à l’extrémité orientale de la Syrie et comptant avec un important champ pétrolier (Rimela), ce qui permettrait à l’EI de contrôler tous les champs  pétroliers de la région et pouvoir couvrir ainsi ses nécessités financières.

L’attaque de lEI sur Kobane serait en outre l’antichambre de son avancée sur Alep, ville où continue la résistance héroïque des rebelles syriens, acculés au nord par les djihadistes de l’EI et au sud par les forces criminelles du régime de Bashar Al Assad, qui n’a pas cessé de bombarder les quartiers avec des tonnes de dynamite.  Si l’EI atteignait ses objectifs, c’est qu’il aura capturé toutes les grandes villes du nord de la Syrie, jusqu’à l’obtention d’une sortie maritime en Afrin. Ceci lui permettrait d’acquérir une structure organisationnelle plus efficace, de continuer à recruter des combattants et de consolider ses positions, en attaquant la révolution syrienne par l’arrière-garde.

L’appui à la résistance de Kobane

Notre devoir comme socialistes révolutionnaires est d’être inconditionnellement à côté du peuple kurde et ses organisations, contre cette avancée barbare.Ceci nous amène à dénoncer aussi la complicité du gouvernement turc d’Erdogan, qui montre à nouveau sa totale hypocrisie : ce gouvernement dit continuer le « processus de paix » avec le PKK, mais en tant que membre de l’OTAN la Turquie maintient ce même PKK dans la liste noire des organisations terroristes, assurant avec toupet faire face à « tous les terroristes », tout en assimilant les organisations kurdes de Syrie (Parti Union Démocratique, PYD) et de Turquie (Parti des Travailleurs de Kurdistan, PKK) à l’Etat Islamique (EI).

Les Kurdes de Turquie, qui se sont manifestés en appui à Kobane, ont payé leur solidarité avec plus de 40 morts, tandis que les villes kurdes de Turquie étaient militarisées comme lors des années de plomb.L’Etat turc et le gouvernement d’Erdogan mènent une stratégie sinon de liquidation, au moins de contrôle du mouvement national kurde, sous couvert de processus de paix.Cette même stratégie est maintenant appliquée à Kobane.Dès le début, l’Etat turc s’est montré hostile à l’expérience de Kobane, celle-ci constituant en effet un dangereux exemple pour les Kurdes de Turquie : de là les tentatives de bloquer Kobane  en fermant les frontières; ces mêmes frontières qui furent totalement ouvertes à l’EI.

L’héroïque résistance de Kobane montre la capacité de lutte du peuple kurde qui, lamentablement, ne dispose pas d’une direction politique pour donner une issue favorable aux aspirations nationales et sociales.Les Kurdes, divisés en quatre Etats par les colonialistes, ont vu leurs dirigeants respectifs (du PKK, du PYD et du PDK, le Parti Démocratique du Kurdistan de Barzani) renoncer au droit démocratique à l’autodétermination, se limitant à revendiquer des simples droits culturels, tout en essayant de s’accommoder chacun dans son pays, se repliant dans les territoires respectifs, au lieu de participer aux luttes pour renverser les régimes haïs.C’est même contre les  positions sceptiques de la direction du PKK, que tant de Kurdes ont participé individuellement à la lutte contre Erdogan, lors des mobilisations de la place Taksim.De leur part, et repliés dans leurs cantons, les Kurdes de Syrie ne se sont pas impliqués dans la révolution contre Al Assad, régime qui ne les reconnait pas non plus.

Tout ceci met en évidence que la véritable libération du peuple kurde ne consiste pas dans de projets de démocratie isolés et à caractère de classe ambigu, ni dans de jeux diplomatiques d’équilibres de pouvoir.La solution se trouve dans la lutte commune des travailleurs et des masses populaires de la région, contre l’impérialisme et les forces réactionnaires, et contre leurs propres bourgeoisies.

La défense de Kobane a aussi amené l’unité d’action dans le front militaire des organisations kurdes et des rebelles syriens.Les commandements des Unités de Protection Kurde Populaire (YPG) ont annoncé (communiqué du 19/10) un accord avec des unités de l’Armée Syrienne Libre pour combattre ensemble à Kobane et dans d’autres points de la Syrie.C’est là une importante nouvelle, et une preuve que la seule sortie pour les masses est l’unification des Kurdes qui luttent pour leur libération nationale et des masses syriennes qui combattent contre Al Assad: s’unir dans une révolution héroïque, une révolution qui a été abandonnée par la majorité des forces de gauche.

Nous, socialistes révolutionnaires, appelons à condamner toutes les interventions impérialistes, dont le seul objectif est de stabiliser les régimes d’oppression et de liquider la dynamique révolutionnaire au Moyen-Orient; à savoir:la révolution populaire contre Al Assad, le soulèvement contre le gouvernement sectaire irakien et la lutte des masses populaires kurdes pour leur libération.Les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Turquie, l’Arabie Saoudite, Israël et leurs alliés d’une part, avec l’Iran et la Russie d’autre part, tous, ils partagent ce même objectif de fond, même si parfois ils s’affichent comme étant à des côtés opposés de la barrière.

Une partie de la solidarité internationale avec la résistance de Kobane est représentée par la dite Marche Globale convoquée pour le 1° de novembre, à laquelle adhèrent diverses organisations et personnalités (intellectuels, artistes…) du monde.

De notre part, nous appelons les peuples du monde, ainsi que les organisations syndicales, étudiantes, démocratiques, antiimpérialistes et de gauche à organiser des actions unitaires, autour des mots d’ordre suivants :

Vive la résistance de Kobane !

Des armes pour la résistance kurde, et pour celle d’Alep en Syrie contre Al Assad !

La Turquie doit ouvrir les frontières aux combattants qui veulent défendre Kobane !

Non aux bombardements impérialistes:seuls les peuples de Syrie et d’Iraq peuvent vaincre l’Etat Islamique et finir avec tous ces régimes haïs !

 29 octobre 2014

Communiqué publié par Lucha Internacionalista (État espagnol)  luchainternacionalista@gmail.com

http://luchainternacionalista.org/?lang=es

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